On n'avait depuis plusieurs années plus aucun doute sur la violence de l'Etat dans sa dimension policière.

On ne compte plus les répressions de mouvements sociaux, les tabassages de manifestants, les nombreux blessés voire les morts.

N'allons pas croire que ce sont des faits isolés. A force, il serait plus que temps de se rendre compte que tout cela fait système.

Claude Askolovitch sur Slate a rédigé un texte dont je recopie ici un extrait :

Mais cela fait des années que nos forces de police sont sollicitées par les pouvoirs –chiraquien, sarkozyste, hollandiste, macronien désormais– pour soutenir non pas l’État mais une politique, pas seulement la sécurité des personnes et des biens, mais l’ordre des pouvoirs et de leur volonté. Le distinguo est ambigu.
Il est suffisamment, dans les cortèges d’opposants, d’enragés qui veulent casser du flic, et le cassent parfois, pour que la police fasse corps avec le pouvoir en le confondant avec l’État et s’autorise, face aux ennemis, plus qu’un simple souci d’ordre. La police, parfois, en banlieue, dans un cortège, dans une manifestation, fait aussi cette guerre qui nous prend tous. Elle n’en est pas heureuse. Quelle est son alternative? Elle est envoyée faire cette guerre que veulent chacun leur tour les Raffarin, Villepin, Fillon, Sarkozy, Valls ou Macron, qui veulent que passent les réformes et que l’ennemi soit défait, au prix parfois d’un écologiste qui reste sur le carreau, quand des gendarmes défendent à la grenade un barrage d’irrigation du Tarn. La police fait sa guerre. On la couvre. Alexandre Benalla faisait la guerre. Il avait, près de la police, toute sa place.