Pense bête

05 juin 2018

On oublie pas on pardonne pas

Il y a 5 ans jour pour jour, le fascisme tuait en plein Paris.

Un an après, 3 militants antifascistes se faisaient agresser à la Croix-Rousse alors qu'ils collaient des affichent en hommage à Clément Méric.

Cet automne, la vitrine de l'horloger de Saint-Paul a à nouveau été dégradée.

Cette semaine, la devanture de l'union locale de la CGT s'est fait tagguer par des fascistes.

Ce ne sont que quelques exemples de violences, d'agressions... des fascistes à Lyon. La Horde en a fait une recension plus détaillée pour 2017.


Claude Askolovitch a rencontré les parents de Clément Méric et les parents d'Antonin Bernanos. Il en a publié récemment un article dans Vanity Fair. On y découvre que ces deux familles se sont rapprochées, se sont découvertes et qu'elles luttent ensemble pour poursuivre le combat de leurs fils. Ci-dessous, deux extraits du texte fondateur de leur collectif :

Nous vivons dans une Europe qui se targue d'être un havre de paix, de liberté, de prospérité et de justice, construit sur le sang versé par les partisans lors des combats pour la libérer du fascisme. Pourtant nos enfants engagés dans diverses luttes sociales et politiques sont frappés, arrêtés, condamnés, et pour certains tués, par les autorités étatiques ou par des fascistes. Nous, leurs mères, affirmons que les politiques conduites par les États européens en sont, directement ou indirectement, responsables.
Face à l’impuissance de la protestation individuelle, nous unissons nos voix pour que l’on entende celles de nos enfants. Nos cœurs dévastés ne se laissent pas envahir par le silence des cimetières et l’humiliation des prisons. Pour nous, Mères, les lieux de détention, les quartiers populaires où sont discriminées les familles issues de l’immigration post-coloniale, les camps de migrants et les centres de rétention où sont humiliés ceux qui fuient la misère, la guerre ou les répressions politiques de leurs pays, seront toujours des espaces de mobilisation. Et les anniversaires de la mort de nos enfants viendront toujours nous rappeler l’exigence de la lutte.

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28 février 2018

Quelques rappels sur la SNCF

C'est reparti, il est de nouveau de bon ton de taper sur la SNCF et les cheminots. Alors rappelons quelques faits.

Les bénéfices de la SNCF ont plus que doublé en 2017.

Capture du 2018-02-28 21-22-25

52 000 € par mois. C'est ce que touchait Florence Parly, notre actuelle ministre des Armées, lorsqu'elle était Directrice Générale Déléguée Stratégie et Finances (les détails par ici).

Capture du 2018-02-28 21-30-21

https://www.humanite.fr/sncf-les-cheminots-ces-grands-privilegies-vraiment-651338

Et pour finir, sur la supposée prise d'otage des usagers par les cheminots. Après celle, réelle, du Bataclan, ça devient vraiment vraiment indécent. Peut-être qu'à présent, après ce qui est arrivé à François de Closets, nos grands éditocrates penseront à bien se la fermer sur le sujet.


Reste quand même l'impression que tout ne tourne pas rond à la SNCF, que la qualité de service n'est peut-être pas au rendez-vous, et donc que des réformes seraient nécessaires. Des réformes oui, mais certainement pas celles proposées par Emmanuel Macron et le parti médiatique.

Et justement, des réformes alternatives il y en a :

Et si on les écoutait ?


Si vous êtes plus branchés BD, tout est expliqué superbement ici.

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Chroniques du racisme ordinaire

  • Laetitia Aviva

Laetitia Aviva est députée LREM de la 8ème circonscription de Paris. Elle est noire et aujourd'hui (28 février 2018) a reçu la lettre suivante.

Laetitia Avia

  • Timothée

Timothée a 23 ans. Il est français, père de famille... et noir. Ce 22 février, il n'a pas ses papiers d'identité sur lui mais il garde une photo de son passeport sur son téléphone portable. Rappelons au passage qu'en France, il n'est même pas obligatoire d'avoir une carte d'identité et que le code de procédure pénale prévoit que l'identité peut être justifiée "par tout moyen" (carte d'identité, carte vitale, témoignage...).

Contrôlé par la police, celle-ci le retient en garde à vue au poste puis le conduit au tribunal et au Centre de Rétention Administrative pour une procédure d'éloignement du territoire français.

FrançaisDétenu

  • Mennel

http://www.liberation.fr/amphtml/debats/2018/02/09/mennel-une-francaise-ordinaire_1628661?__twitter_impression=true

Comparons deux artistes. Le réalisateur Roman Polanski a été accusé 4 fois de viol sur mineure. Et pourtant on nous a toujours demandé de séparer ses actes de son talent artistique. Mais pour Mennel de TheVoice, aucune pitié, on l'exclut direct pour quelques tweets. Parce qu'elle est musulmane, voilée & arabe.

Profitons également de la saillie d'Isabelle Morini-Bosc qui estime que "Chanter en arabe, par les temps qui courent, ça ne s'imposait pas nécessairement" pour rappeler que la langue arabe est millènaire et que "les enfants ayant une bonne connaissance de leur langue maternelle sont capables de maîtriser une seconde langue plus vite que les autres". Des chercheurs ont même montré "que le fait de parler plusieurs langues contribue fortement au développement de l’empathie".

  •  Yvan Rioufol

Peut traquillement dire : "l'islam est une idéologie totalitaire"

https://twitter.com/davidperrotin/status/961941907977981952

  • La police française produit des faux...

C'est le Guardian qui nous l'apprenait le 12 avril 2018 : la police française falsifie des documents administratifs d'identité pour renvoyer des migrants hors de France. Racisme d'état vous avez dit ?

  • ... et elle abîme volontairement les chaussures des migrants
"French police officers are not upholding international standards.They taunt children and mistreat them .... Some children have had the soles of their shoes cut off before being sent back to Italy."

C'est dans un récent rapport publié par Oxfam qui fait le point sur la situation à la frontière franco-italienne. On savait déjà depuis peu que les policiers français volaient une (seule) chaussure aux migrants de Calais pour les emmerder. On découvre maintenant que le fétichisme de la chaussure chez nos forces de l'ordre est une pratique répandue.

"Les policiers français ne respectent pas les normes internationales. Ils se moquent des enfants, les maltraitent... Certains se sont fait couper la semelle de leurs chaussures avant d'être renvoyés en Italie"

 

http://paigepalmer.neowp.fr/2017/12/14/il-faut-sauver-rokhaya-diallo/

https://www.buzzfeed.com/mariekirschen/sur-twitter-cet-homme-raconte-les-violences-policieres-dont?utm_term=.muE08x359#.wnz0ozey6

https://twitter.com/SDJduFigaro/status/958412180399026178

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11 janvier 2018

Laïcité

A notre devise nationale, certains voudraient rajouter "Laïcité". On ne compte plus les appels au respect de la laïcité et au respect de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat.

Mais que dit vraiment cette loi ?

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Chacun est donc libre de croire ou de ne pas croire. Et c'est à l'Etat (la République) de réunir les conditions pour que ce droit s'exerce.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les Eglises se démerdent pour leur financement, l'Etat ne s'en mêlera pas... bon... sauf en Alsace-Moselle, sauf pour les écoles privées.

Article 25

Les réunions pour la célébration d'un culte tenues dans les locaux appartenant à une association cultuelle ou mis à sa disposition sont publiques. Elles sont dispensées des formalités de l'article 8 de la loi du 30 juin 1881, mais restent placées sous la surveillance des autorités dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 27

Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures d'un culte, sont réglées en conformité de l'article L2212-2 du code général des collectivités territoriales

On le voit avec des deux articles, la laïcité n'est pas le maintien des croyances dans la sphère privée. En aucun cas dans la loi de 1905 il n'est question de restreindre l'exercice de la religion à la sphère privée, comme on l'entend très souvent.

Les réunions sont publiques (et non pas privées). Et l'article 27 autorise (on peut le regretter) les processions ou les prières de rue tant que les autorités responsables estiment que ça ne trouble pas l'ordre public. C'est comme ça qu'on voit des milliers de personnes pour les JMJ ou quelques cathos agressés violemment un black devant Sainte-Rita :

 

 

Article 28

Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

C'est la seule interdiction présente dans la loi de 1905.

 

La loi de 1905 est donc plutôt un pacte de non agression. Vous les croyants, ne vous avisez pas de nous dire comment on doit gouverner. Mais en échange, vous les politiques, n'allez pas nous expliquer comment on doit financer notre culte, comment on doit s'habiler pour croire, dans quelle langue on doit faire notre prêche (que ce soit en français, en arabe ou en latin), comment on doit former nos prêtres, imams, pasteurs ou autres...

 

Et concernant le voile, la burqua, le hijab... que peut-on porter où ?

Il y a 2 lois. La première (chronologiquement) est la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. L'article 1 indique :

Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en oeuvre d'une procédure disciplinaire est précédée d'un dialogue avec l'élève 

La seconde loi est la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, avec son article 1 rédigé ainsi :

Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.

 

Pour finir, une vidéo réalisée par l'observatoire limousin de la laïcité et qui remet bien les choses au clair :

 

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27 novembre 2017

Domination masculine

En ces temps de #MeToo et de #BalanceTonPorc, les discussions (entre amis, entre collègues...) portent parfois plus qu'avant sur les violences faites aux femmes. A ces occasions, on se rend compte que le chemin est encore long à parcourir pour que les mentalités et les comportements changent, tant le harcèlement, le sexisme et la misogynie sont ancrées (accord de proximité !).

Cette note de blog a vocation à (m')aider à accompagner la discussion, à convaincre, à donner des arguments.

Quelques chiffres pour commencer.

En janvier 2017, l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques) a publié les premiers résultats d'une enquête sur les violences sexuelles.

Les résultats de cette enquête estiment que sur les 12 derniers mois, 580 000 femmes ont vécu des violences sexuelles (hors harcèlement sexuel et exhibitionnisme), parmi lesquelles 52 500 sont des viols, 37 000 des tentatives de viols et 552 500 d'autres agressions sexuelles :

Capture du 2018-02-18 13-52-56

Rappelons au passage que le viol est un crime jugé en cour d’assises, et est défini comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise » (article 222-23 CP). Il peut s’agir d’une pénétration vaginale, anale, buccale (fellation), digitale (pénétration avec le doigt) ou d’une pénétration au moyen d’un objet commise sur autrui. Les agressions sexuelles autres que le viol constituent un délit et sont jugées devant le tribunal correctionnel. Elles sont définies comme « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise » (articles 222-22 et 222-27 CP). Les actes visés peuvent être des attouchements du sexe subis ou à faire, des caresses de nature sexuelle ou une pénétration à faire sur son agresseur.

Un autre aspect de l'enquête s'intéresse plus particulièrement aux viols. On y apprend entre auteurs que c'est au sein de l'espace privée que la majorité des viols en lieu. Presque les 2/3 des viols sur les femmes ont en effet lieu par la famille, un proche ou leur conjoint (1,41+0,74=2,15% pour une proportion totale de 3.26%) :

Capture du 2018-02-18 14-10-14

Le fantasme médiatique de la joggueuse violée par un inconnu à une réalité bien moins importante qu'il n'y parait.

Ce qui ne signifie pas que les femmes vivent correctement dans l'espace public. Des études montrent d'ailleurs que les femmes ne sont pas statiques en ville, elles ne flânent pas mais sont toujours en mouvement, allant d'un point A à un point B, en particulier parce qu’elles savent qu’elles ne seront pas tranquilles, pourront être importunées.

"Ainsi, un homme peut rester longuement installé sur un banc public alors qu’une femme ne le fera pas. Tout au plus fait-elle des « stop and go », le temps de se reposer un instant, de trouver quelque chose dans son sac."

L'occupation de l'espace public est donc également un réel enjeu, avec en particulier la question de l'aménagement urbain comme les terrains multisports intra-muros ou les espaces de musculation, qui visent en priorité les garçons et créent des espaces d’usages exclusifs.

Un article du Monde pour prolonger : La rue, le fief des mâles.

 

A l'occasion de ce grand chamboulement de rapport de forces qu'est #MeToo, j'avais découvert que la domination masculine s'excerçait massivement aussi dans la conversation. C'est une étude de Corinne Monnet de 1997 (les choses se sont-elles améliorées en 20 ans ?).

Parmi les idées reçues : les femmes parlent plus que les hommes. D'après l'étude en question, c'est faux et ce n'est qu'une impression.

Selon l’opinion communément admise, ce sont les femmes qui parleraient plus que les hommes. Le stéréotype de la femme bavarde est certainement, en ce qui concerne la différence des sexes et la conversation, l’un des plus forts et des plus répandus. Paradoxalement, c’est aussi celui qui n’a jamais pu être confirmé par une seule étude. Bien au contraire, de nombreuses recherches ont montré qu’en réalité, ce sont les hommes qui parlent le plus. Déjà en 1951, Strodtbeck a mis en évidence que dans des couples hétérosexuels mariés, les hommes parlaient plus que les femmes.
Mais comment expliquer un tel décalage entre le stéréotype et la réalité ? Comment se fait-il que, bien que tou-te-s nous nous soyons retrouvé-e-s dans des situations où il était clair que les hommes monopolisaient la parole, si peu d’entre nous en aient profité pour questionner le bien fondé de cette croyance ?
Dale Spender s’est penchée sur ce mythe de la femme bavarde afin d’en analyser le fonctionnement. Ce stéréotype est souvent interprété comme affirmant que les femmes sont jugées bavardes en comparaison des hommes qui le seraient moins. Mais il n’en va pas ainsi. Ce n’est pas en comparaison du temps de parole des hommes que les femmes sont jugées bavardes mais en comparaison des femmes silencieuses (Spender, 1980). La norme ici n’est pas le masculin mais le silence, puisque nous devrions toutes être des femmes silencieuses. Si la place des femmes dans une société patriarcale est d’abord dans le silence, il n’est pas étonnant qu’en conséquence, toute parole de femme soit toujours considérée de trop. On demande d’ailleurs avant tout aux femmes d’être vues plutôt qu’entendues, et elles sont en général plus observées que les hommes (Henley, 1975).

En réalité, le temps de parole effectif est nettement en faveur des hommes.

Une étude faite lors de réunions mixtes dans une faculté montre la différence énorme de temps de parole entre les femmes et les hommes (Eakins & Eakins, 1976). Alors que le temps moyen de discours d’une femme se situe entre 3 et 10 secondes, celui d’un homme se situe entre 10 et 17 secondes.

Et tout le monde contribue à cela dès le plus jeune âge. On conditionne les touts petits.

Les enfants n’ont pas un accès égal à la parole (Graddol & Swann, 1989). Dans les interactions de classe, les garçons parlent plus que les filles. Les enseignant-e-s donnent beaucoup plus d’attention aux garçons. Elles et ils réagissent plus vivement aux comportements perturbateurs des garçons, les renforçant de ce fait. Elles/ils les encouragent aussi beaucoup plus. Les échanges verbaux plus longs se passent majoritairement avec les garçons ainsi que les explications données. Et l’on sait combien il est difficile d’agir égalitairement, même en faisant des efforts. Une étude de Sadker & Sadker (Graddol & Swann, 1989) portant sur cent classes montre que les garçons parlent en moyenne trois fois plus que les filles. Qu’il est aussi huit fois plus probable que ce soient des garçons qui donnent des réponses sans demander la parole alors que les filles, pour le même comportement, sont souvent réprimandées.

Dans 96% des cas, ce sont les hommes qui interrompent les femmes.

Répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation : https://twitter.com/LudivineDeFe/status/890208119514685440

 

Et les hommes bienveillants dans tout ça ?

Les hommes et le féminisme : http://www.crepegeorgette.com/2017/08/09/insupportable-violence-feminisme/

Christine Delphy : http://lmsi.net/Nos-amis-et-nous

 


Quelques tweets made in #BalanceTonPorc :

Explication : https://twitter.com/MarylinMaeso/status/919535824445825024

En médecine : https://twitter.com/memoiretrauma/status/919559579062751232

Photo en jupe à Lille Flandres : https://twitter.com/journapenelope/status/951740233376321536

Main au cul en entrée de boite : https://twitter.com/cml_phl/status/919598697410912256

Thread des informations, statistiques, réponses à fournir lors de "débats" féministes : https://twitter.com/selibiemas/status/927504215794216960

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10 septembre 2017

Chant des marais

Je n'arrive pas à me rappeler quand j'ai entendu ce chant pour la première fois. Mais je me rappelle précisément entendre ma tante, dans le salon de mes grands-parents, dire qu'elle préférerait que le Chant des marais soit l'hymne de la France pluôt que la Marseillaise. Je devais avoir une dizaine d'année, et je savais exactement de quel chant elle parlait.

Le Chant des marais (ou Chant des déportés) est une adaptation de la version originale allemande. Dans le livre Poèmes et chants révolutionnaires (éditions Martinsart) que mon grand-père m'a offert, il est écrit :

"C'est d'Allemagne, plus précisément des premiers camps de concentration que parvint la plainte des antifascistes et des juifs qui y avaient été jetés : Das Lied der Moorsoldaten. Traduit en France sous le titre de Chant des Marais, on le crut longtemps anonyme ; or l'Amicale de Mauthausen a donné ces précisions dans son bulletin d'avril 1977 : ce chant est né au camp de Bögermoor en juillet-août 1933. Johann Esser écrivit un premier texte qui fut remanié par Wolfgang Langhoff ; ce poème sans musique s'appela Bögermoorlied. Un autre détenu, Rudi Goguel, composa la musique."

En version originale, ça donne ça :

 

Pour une version internationale (allemande, espagnole, italienne, anglaise et française) : https://www.youtube.com/watch?v=d4ubcPlZMDQ

Pour l'adaptation en Hymne des femmes d'après le MLF : http://surlaroutede.canalblog.com/archives/2017/03/08/35006779.html

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07 août 2017

Attaque de crabe : en parler ?

Dire quoi ? A qui ? Comment ?

A côté de la logistique des rendez-vous, de l'esprit critique à essayer de trouver face aux médecins, de mon état psychologique, il faut également gérer... les autres.

Les amis, c'est le plus simple. Ca ne signifie pas que c'est facile mais c'est plus naturel. J'en parle, au fur et à mesure de ceux que je croise. Pour ceux qui ne savent pas encore, attendre le "Et toi alors, ça va ?" pour embrayer et raconter les "petites galères de santé". J'en ai besoin et ils sont tous géniaux.

Pour autant, ça me rend égoïste. Je ne parle que de moi, de mes anecdotes, de mes aventures avec les professionnels de santé et encore de moi. Tant et si bien que je suis revenu d'un week-end salutaire avec des amis en réalisant que je n'avais pris aucune de leurs nouvelles. Je n'ai pensé qu'à leur parler de moi et en plus à râler.

Suite à ma visite chez le chirurgien pour "commentaires des résultats histologiques", je leur ai envoyé un mail collectif. Ca m'était apparu plus simple (pour moi), plutôt que de contacter toutes celles et ceux qui m'avaient dit "tiens-moi/nous au courant". Mais c'était nul : trop impersonnel, trop impudique, trop "je te balance à la gueule mon vécu même si tu n'as rien demandé".

Il y a aussi ces potes que j'aimerais appeler, pour autre chose, et pour lesquels je me reporte puisque si je les contacte, il va nécessairement falloir que je raconte à nouveau et ce n'est pas le but de l'appel.

Le plus complexe et le plus prise de tête ce sont les parents. Je suis un encore plus mauvais fils que d'habitude. Ma mère est encore plus présente[1] que d'habitude et moi encore plus évasif et taiseux.

Reste les collègues, qui ont bien remarqué mon absence non prévue au bureau.

Rien d'autre qu'une nouvelle galère à gérer.


[1] Les appel/SMS de ma mère :

Vendredi : 1 appel (suite rdv chir) + 1 appel (programme week-end)

Dimanche : 1 appel en absence + 1 appel

Lundi : SMS (coordonnées oncologue Lyon Bérard) + appel en absence

Mardi : SMS (appelle-nous après le rdv oncologue)

Mercredi : SMS (horaire rdv) + appel (de ma part, suite au rdv)

Jeudi : appel (pont + rdv PET scan)

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05 août 2017

Attaque de crabe : prise en charge d'ALD

A la sortie de la clinique suite à mon opération, je suis allé chez ma médecin généraliste. C'est elle qui m'avait demandé de passer, dans le but de "faire une demande de 100%". Docile et obéissant, comme d'habitude, j'ai obtempéré. D'après ce que j'en avais compris au téléphone, c'est une démarche qui permettra que mes dépenses soient davantage prises en charge par la Sécurité sociale.

Je m'y était donc rendu, elle avait fait une demande par Internet. Je devrais normalement avoir un retour de la Sécu d'ici quelques jours et il faudrait ensuite que je mette à jour ma carte Vitale. Soit.

Et effectivement, 2 jours plus tard je recevais le message suivant dans mon espace Ameli :

Chère madame, cher monsieur,

Votre médecin traitant a établi une demande de prise en charge à 100%* pour les soins et traitements liés à votre Affection de longue durée (ALD). Celle-ci a été accordée.

Une notification de prise en charge à 100% pour votre affection longue durée sera mise à disposition dans votre compte ameli d'ici quelques semaines. Pour la télécharger, accédez simplement à la rubrique « La prise en charge de mon ALD ».

Cette rubrique met également à votre disposition toutes les informations dont vous avez besoin pour mieux comprendre les modalités de votre prise en charge en ALD.

Avec toute mon attention,

votre correspondant de l'Assurance Maladie.

* Sur la base du tarif de la Sécurité Sociale. Les soins liés aux autres affections vous seront remboursés aux taux habituels de la Sécurité Sociale.

Je ne sais pas bien ce que je dois en faire de ce message, mais c'est bien noté. Merci à mon correspondant de l'Assurance Maladie, qui m'apprend au passage que j'ai donc une Affection de Longue Durée ! Toujours obéissant, j'avais profité d'un passage chez l'opticien pour mettre à jour à ma carte Vitale (je n'y allais pas pour ça mais à la caisse j'avais aperçu une affichette "Mise à jour de votre carte Vitale ici").

Et voilà qu'aujourd'hui je reçois dans ma boîte aux lettres un courrier de l'Assurance Maladie intitulé "Votre notification d'exonération du ticket modérateur pour affection de longue durée".

Le ticket modérateur, je connais depuis quelques mois. J'y ai été confronté au CE car on s'apprête à changer de mutuelle et il a bien fallu que je me familiarise avec les termes "base de remboursement", "ticket modérateur", "contrat d'accès aux soins"... Il s'agit de ce qui n'est pas pris en charge par la Sécurité Sociale, en plus de la participation forfaitaire de 1€ ou de la franchise médicale sur les médicaments de 0,50 € (merci Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot).

Le contenu du courrier est le suivant :

Cher monsieur,
Nous vous informons que l'exonération du ticket modérateur est accordée ou renouvelée pour certaines des affections de longue durée à partir du 20/07/2017.
Cet accord concerne le remboursement des soins et des traitements en rapport avec ces affections. Les soins liés aux autres affections restent remboursés aux taux habituels de la Sécurité Sociale.
Cette exonération du ticket modérateur pourra être réétudiée en fonction de l'évolution de votre état de santé, ou si vous ne souhaitez plus en bénéficier.
Les 5 fiches jointes à ce courrier vous apportent des informations pratiques sur la prise en charge de l'affection de longue durée (ALD).
Pensez à mettre à jour votre carte Vitale pour bénéficier dès à présent de cette prise en charge.
Avec toute mon attention,
votre correspondant de l'Assurance Maladie

Il s'accompagne donc de 5 fiches (format A4 recto-verso) sur différents thèmes :

  1. Le protocole de soins ;
  2. La prise en charge des dépenses de santé liées à mon ALD ;
  3. L'ordonnance bizone ;
  4. La prise en charge des frais de transport liés à mon ALD ;
  5. Les services proposés par l'Assurance Maladie.

Yeah... encore tout un tas de choses dont personne ne m'a parlé et avec lesquelles il va falloir que je me familiarise !

Je relis donc (et je relis vraiment cette fois) le premier message que j'avais reçu dans mon espace et j'y (re)découvre en particulier ce paragraphe :

Une notification de prise en charge à 100% pour votre affection longue durée sera mise à disposition dans votre compte ameli d'ici quelques semaines. Pour la télécharger, accédez simplement à la rubrique « La prise en charge de mon ALD ».

Partons donc à la recherche de cette fameuse rubrique ! Verdict : c'est... galère ! Après moultes recherches j'ai fini par la trouver grâce à une aide trouver sur le Net. Pour toutes celles et ceux qui cherchent encore, il faut choisir "Mes informations" puis "La prise en charge de mon affection longue durée ALD".

Capture du 2017-08-05 17-08-56

Je télécharge ma "Notification de prise en charge à 100% pour affection de longue durée"... qui s'avère être exactement le document que je viens de recevoir par courrier.

J'imagine qu'à présent il va me falloir étudier tous ces nouveaux documents.

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04 août 2017

Attaque de crabe : paumé

Je suis paumé, je vis à mille lieues de ce monde là, le monde du cancer. Son vocabulaire m'est complètement étranger.

J'étais sorti de chez le chirurgien plutôt satisfait des informations qu'il m'a données et des réponses qu'il a pu faire à mes questions. La suite était claire dans ma tête : j'ai rendez-vous avec un oncologue qui me dira quel traitement est le plus adapté.

Mais maintenant que des amis, des collègues, la famille me questionnent sur mon rendez-vous avec le chirurgien et sur le résultat de mes analyses, je ne suis plus certain de rien.

D'après mon chef, il semblerait que tumeur n'implique pas cancer. Arf... première nouvelle ! Pour moi c'était pourtant clair, on m'annonce une tumeur... donc j'ai (ou j'avais) un cancer. Simple. Ou pas si simple.

Découverte suivante (merci Betti), il existe une classification parmi les cancers. Ca s'appelle la classification TNM. Maintenant que j'y pense, j'avais bien entendu parler de stade (cancer stade 1 voire cancer phase terminale), auquel je n'avais pas songé jusque là, mais de classification jamais. Et en relisant mon résultat d'analyse, il en est bien fait référence. C'est même la dernière ligne du paragraphe de conclusion. J'ai donc obtenu la classification pT1-R0. Pas de bol, ça ne rentre pas dans la classification Wikipedia. Il faudra interroger l'oncologue, puisque le chirurgien ne m'a rien dit à ce propos.

Et enfin, c'est quoi ce satané protocole !? Le chirurgien a dû me dire quelque chose : "Il y a plusieurs protocoles". Je l'ai pris comme un synonyme de traitement, à voir avec l'oncologue. Mais ça semble être un terme bien plus précis que ça, du vrai jargon de cancérologue. Pourquoi tout le monde semble connaître ça et moi non ? Je n'ai pas du être assez attentif devant Urgences.

Bref tout ça donne une furieuse impression d'être un parfait candide, et pour tout dire ça fait un peu flipper.

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Attaque de crabe : résultats histologiques

L'ordonnance indiquait un rendez-vous à 8h30. Mais j'avais reçu un SMS me confirmant le rendez-vous à 8h20 (pourquoi faire simple...). Dans le doute je me suis pointé pour 8h20. Le but était de rencontrer non pas par le chirurgien qui m'a opéré (il est en congés) mais un de ses collègues "pour commentaire des résultats histologiques". Il m'a donc résumé le rapport de 2 pages du médecin analyste qui : confirme la tumeur, m'annonce le poids de la "pièce prélevée" (54 grammes), raconte mille et une choses incompréhensibles ("embole néoplasique", "anticorps PLAP", "infiltration de l'albuginée"...) et écrit aussi ce constat tout à fait inattendu : ma "vaginale est normale" (aucune idée de ce que ça veut dire, je ne me suis pas encore documenté) !

Un chirurgien plutôt sympa et ouvert à la discussion et aux questions (ce qui change de celui qui m'a opéré). Il a jugé ma plaie propre et semble satisfait de l'opération.

La suite, ça dépend d'un oncologue qu'il faut que je rencontre. D'après le chirurgien, il y a plein de protocoles différents suivant la pathologie, l'état de la science, l'humeur de l'oncologue, l'état d'esprit du patient... Pour moi, qui suis "cortiqué" (dixit le chirurgien qui a utilisé le mot à deux reprises, d'où d'ailleurs le verbe décortiquer, qui vient donc de cortex), il est possible qu'une surveillance avec un peu de radio suffise. Mais c'est l'oncologue qui dira. Lui ne veut surout pas se mouiller, il n'est qu'un "artisan".

A 8h35 j'en avais fini... avec le chirurgien. Il fallait encore attendre son assistante pour récupérer le compte-rendu opératoire, le compte-rendu d'hospitalisation, le rapport d'analyse, le courrier pour l'oncologue et le courrier pour le médecin généraliste et elle n'arrivait qu'à 9h00. Un peu de poireautage, puis 40 minutes passées dans le bureau de l'assistante (ouaih faut le temps de taper les courriers, d'imprimer tout ça en 3 exemplaires, de répondre aux appels des autres patients...) et fini pour aujourd'hui... avec l'urologue et son monde.

Je file au bureau de l'oncologue (bâtiment à côté). J'y laisse le courrier qui lui est destiné et on fixe un rendez-vous. Ce sera mercredi.

Moi qui croyait être fixé sur un éventuel traitement suite à ma visite chez le chirurgien, c'est raté.

Posté par Pensebete à 10:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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