Pense bête

08 mars 2017

8 mars 1917

Petrogard, traversée de la Neva gelée, Marseillaise, mutinerie, convergence des luttes... il y a tout ça dans la vidéo ci-dessous de Mathilde Larrère (qui tient chronique chez Arrêt sur Images) :

 


Et tant qu'à faire, en chanson avec la compagnie Jolie môme :

 


21 février 2017

Alexandre

  • 29 octobre 2015

Du sang est retrouvé dans la Peugeot 307de la police municipale de Drancy ainsi que sur le caleçon d'Alexandre. Plus tard, un médecin constatera une plaie ouverte profonde de 1,5 centimètre.

Tandis qu’il est menotté dans le dos et que, délesté de sa ceinture, son pantalon glisse sur ses hanches, deux policiers le tirent par les épaules pour le faire entrer dans la voiture. Arnaud P., lui, le pousse vers l’intérieur. « D’un coup, j’ai senti un truc dans mes fesses. J’ai hurlé, relate Alexandre T. lors de son audition, lue à l’audience par la présidente. Je me suis allongé sur la banquette et j’ai pleuré. Il y en a un qui m’a dit plus jamais tu parleras comme ça de la police municipale, tu te rappelleras de nous”. »
  • 16 janvier 2017

L'audience a lieu au tribnual de grande instance de Bobigny. Le procureur adjoint requiert six mois de prison avec sursis et une interdiction porfessionnelle d'un an. Le délibéré sera rendu le 20 janvier.

  • 20 février 2017

 La juge du tribunal correctionnel (chambre pénale du tribunal de grande instance) s'est déclarée incompétente pour juger des faits, estimants que ces "faits sont de nature à entraîner une requalification criminelle".

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24 novembre 2016

Justice et vérité pour Adama Traoré

Mardi 22 novembre à Beaumont-sur-Oise, conférence de presse d'Assa Traoré, soeur d'Adama Traoré. Taranis News y était :

 

Foncez voir ce qu'ils y font, et soutenez les (c'est par ici).


Après les cachotteries du procureur général Yves Jannier, la tentative de plainte de la maire aux frais de la ville, la descente, deux frères d'Adama sont en garde à vue.

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17 octobre 2016

Ici on noie les Algériens

Ca fait longtemps que je veux écrire un article sur le 8 mai 1945, pas celui qui nous fait commémorer (et non célébrer) la capitulation allemande, mais le 8 mai 1945 du massacre de Sétif et Guelma.

Ce ne sera pas l'objet ici, je vous renvoie vers le récit qu'en livre Rebellyon.

Nous sommes aujourd'hui le 17 octobre. Il y a 55 ans, C'est une époque pas si lointaine. L'Algérie était encore française, Maurice Papon préfet de police de Paris, un couvre-feu cible exclusivement les Algériens, une manifestation pacifique est violemment réprimée par la police.

Mathilde Larrère et Laurence De Cock racontent ces massacres à quatre mains.

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09 octobre 2016

Linguisticae

Et un Youtubeur de plus découvert ce week-end : Linguisticae ! Les vidéos portent donc... sur les langues. On y trouve par exemple des explications d'expressions françaises (comme prendre une biture par exemple) et ça s'appelle Paye ton expression. Un exemple :

 

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24 juillet 2016

Décompte macabre

3 octobre 2013 : 366 morts en Méditerranée devant l'île de Lampedusa

12 novembre 2015 : 43 morts dans un double attentat à Beyrouth, revendiqué par Daech

13 novembre 2015 : 130 morts dans des attentats à Paris et Saint-Denis revendiqués par Daech

Année 2015 : 3771 morts de migrants dans la Méditerranée d'après l'Organisation Internationale pour les Migrations

14 juillet 2016 : 84 morts dans un attentat à Nice, revendiqué par Daech

20 juillet 2016 : 22 morts dans le canot sauvé par l’Aquarius, le bateau de l’association SOS Méditerranée, qui patrouille nuit et jour entre les côtes de Sicile et de Libye pour porter secours aux migrants

23 juillet 2016 : 80 morts dans un attentat à Kaboul, revendiqué par Daech


 Chaque année en France : 78 000 morts dus au tabac, 49 000 morts dus à l'alcool et 48 000 morts dus à la pollution de l'air.

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23 juillet 2016

Les Blancs, les Juifs et nous

Sous titre : Vers une pollitique de l'amour révolutionnaire.

C'est un coup de poing dans la gueule, immédiatement accompagné d'une main tendue, d'un appel sincère à l'alliance. Un coup de poing car Houria Bouteldja entend dire sa vérité, et elle n'est pas toujours belle à entendre.

C'est d'abord aux Blancs qu'elle s'adresse (chapitre Vous, les Blancs), puisqu'il est ici question de races. Pas de races essentialistes, qui ramènerait chacun à sa couleur de peau et à tout ce qui en découlerait naturellement d'après toutes les théories racistes. Non, chez Houria Bouteldja, la race est classe sociale. Le Blanc y est donc celui qui dispose d'une position dominante (il est également beaucoup question de domination, et de captitalisme, dans ce livre). Et le Noir ou l'Arabe est celui d'en-dessous de la France d'en bas (pour reprendre une expression de Raffarin). A ce titre, Houria Bouteldja est double, et sonstatut contradictoire : de couleur vis-à-vis des Blancs des pays riches (la France en premier lieu), blanche vis-à-vis des pays du Sud (l'Afrique en particulier). C'est avec cette double position qu'Houria Bouteldja écrit.

Les chapitres s'égrainent (Vous, les Juifs, Nous, les Femmes indigènes puis Nous, les Indigènes). Le dernier chapitre est consacré à ce fameux amour révolutionnaire qu'elle appelle de ses voeux et il s'appelle Allahou akbar !
 
Merci à la Fabrique pour avoir éditer ce livre. Lecture chaudement recommandée.

Si vous voulez voir un long entretien (payant, mais je peux mettre le lien de téléchargement à disposition si besoin, ou alors vous vous abonnez et vous ne le regretterez pas), Houria Bouteldja est passée sur Hors-Série avec Judith Bernard. En voilà déjà une mise en bouche :

 


Je profite de cet article pour mettre un lien vers le blog Chroniques de Paige Palmer et en particulier vers cette note écrite suite à la mort d'Adama Traoré et qui offre un regard terrifiant sur les violences policières à l'encontre des racisés.


MàJ du 18 octobre 2016 : un intéressant contrepoint chez Mediapart, en particulier sur la question du féminisme, par Mélusine.

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19 juin 2016

Le silence des gentils

Le 14 juin, à Paris :

 

Merci à NnoMan pour avoir filmé ça, merci à Paris-luttes.info pour nous en informer et merci aux Street Medics pour assurer les premiers soins après les violences d'Etat.

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23 mai 2016

Si les xxxx parlaient comme les xxxx

Il y avait eu en février dernier le hashtag #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs et c'était bien trouvé. Marrant juste ce qu'il faut tout en remettant les choses en place en les ridiculisant. On trouvait parmi tous les clichés :

Sur le même principe est alor sorti le hastag #SiLesHomosParlaientCommeLesHétéros :


MàJ du 17 aoùut 2016 : je rajoute quelques phrases vécues, qui m'ont été dites directement.

En train de faire du stop avec un pote, ça marche moyennement, il tend la page d'un magazine montrant une femme à poil :

"Ca fera s'arrêter plus de monde, au moins les mecs" (ouaih enfin sauf moi)

Je porte une veste de costard sans chemise :

"Ca fait vraiment trop gay, tu peux pas porter ça" (tout dans cette phrase me semble bête : jamais vu d'hétéo comme ça ? et quand bien même, pourquoi je ne pourrais pas faire ça ?)

En vacances dans un pays étranger :

"Tu vas avoir du mal à draguer ici parce que les gays ne se montrent pas"(parce que les hétéros c'est marqué sur leur front ?)

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03 mai 2016

Nous sommes tous des casseurs

"Un Etat est une communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné."
Max Weber

L'état d'urgence et sa reconduction sans réel débat, les perquisitions administratives, les manifestations interdites, l'assignation à résidence de militant écolo, les matraquages et gazages à tout va...

Serions-nous en train de nous habituer à cette violence légitime ?

Dans ces cas-là, difficile de faire confiance aux médias institutionnels pour s'informer. Reste alors à faire savoir, diffuser, montrer, être son propre média... ce que je vais tenter ici.

Par exemple, ce qui s'est passé dans le métro parisien ce dimanche avec cette tweestory :

Ou avec cette vidéo, toujours le 1er mai :

Avant, il y avait eu ça, le 28 avril au soir, filmé par deux documentaristes place de la République :

 

Ce même soir :

 

Heureusement, ces violences sont critiquées directement par certaines forces de police, et on se rend compte que ce sont en fait des violences policières en bande organisée (oui parce que visiblement, ces violences sont bel et bien organisées) :

Tout est mis en place pour que les manifestations dégénèrent.
Prenons l’exemple du 9 avril. En fin de journée, nous savons qu’un groupe de casseurs dangereux vient d’arriver gare du Nord pour aller perturber Nuit debout, à République. Une compagnie de CRS se trouve sur leur passage, prête à intervenir. Mais l’ordre leur est donné par la préfecture de se pousser dans une rue adjacente ! Les collègues leur signalent l’imminence de l’arrivée du groupe de casseurs. Mais ordre leur est confirmé de les laisser gagner place de la République, avec les conséquences que l’on connaît !
Le message qui est passé, c’est « casseurs venez, vous pourrez agir en toute impunité, et manifestants ne venez plus avec vos enfants, car c’est dangereux pour vous ».

On découvre (ou pas, c'était déjà le cas lors de manifestations à Lyon et à Paris en 2010 où des policiers avaient été filmés infiltrant la CGT ou faisant preuve de complaisance avec les casseurs) au passage que parmi les casseurs se cachaient des flics déguisés. Ci-dessous, près de la place de la Nation, à Paris, en marge de la manifestation contre la loi El Khomri du samedi 9 avril, l’homme à capuche est un policier :

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Face à tout ça, impossible de tenter de différencier simples manifestants et casseurs. La plupart des manifestants, soumis aux lacrymos, aux flash-ball se sentent casseurs et le revendiquent. C'est ce dont témoignait Christophe Gueugneau, journaliste à Mediapart :

ou encore ce long article du Monde démontant le discours officiel sur les casseurs :

« On annonce un nombre d’interpellations, les gens pensent qu’il s’agit de casseurs, mais ça ne correspond pas forcément à la réalité des dossiers », estime Me Raphaël Kempf, un avocat qui, avec d’autres confrères, défend plusieurs dizaines de manifestants dans le cadre de la mobilisation contre le projet de réforme du code du travail.
Les cinq autres personnes déférées devant le juge samedi ont obtenu des renvois : un lycéen, un étudiant et des cheminots de la Confédération générale du travail (CGT). Des individus déterminés à en découdre ? « Les policiers vont à la pêche en fin de manifestation pour faire du chiffre. L’idée, c’est un peu qu’on va payer pour ceux qui ont foutu le bordel », croit Bérenger Cernon, secrétaire général de la CGT des cheminots de Paris gare de Lyon, présent place de la Nation jeudi, lorsque deux de ses camarades ont été interpellés : « Vers 19 heures, l’ordre d’évacuer la place a été donné, et ils ont mis la machine en route comme des bulldozers, à coups de pied, de matraque et d’insultes. J’ai voulu aider mes collègues, mais j’ai été repoussé, plaqué au sol, frappé. »
Pour Bérenger Cernon, l’attitude des forces de l’ordre a connu « un énorme changement » depuis le début du mouvement social. Elle serait aujourd’hui « beaucoup plus offensive ». « Le 28 avril, on s’est retrouvés face à des gaz lacrymogènes comme on n’en avait pas reçu depuis le début, corrobore Eric Sueur, secrétaire de la Fédération syndicale unitaire (FSU), syndicat enseignant, en Ile-de-France. La police a des stratégies qui ne nous paraissent pas claires, lorsqu’elle traverse le cortège ou que des policiers en civil viennent à l’intérieur dans un cadre flou. »
Olivier Fillieule ajoute : « Ce qui paraît frappant ici, c’est ce qui ressemble à une stratégie délibérée de l’autorité civile, consistant à déroger à de nombreux préceptes du maintien de l’ordre, par une présence trop massive d’effectifs, par des manœuvres à contretemps, par la bride ouvertement lâchée sur le cou des hommes du rang, par l’obsession de faire des arrestations avec tous les risques que cela comporte. Les raisons d’une telle stratégie sont ouvertes à interprétation. Mais la recherche délibérée d’un pourrissement de la situation est très difficilement contestable. »
Dans ce contexte, la figure de l’émeutier s’étiole, mise à mal par le témoignage des manifestants : « Il n’y a pas de casseurs qui s’infiltrent et cassent pour le fun, estime un militant syndical rennais qui souhaite conserver l’anonymat. Des gens revendiquent ce mode d’action, ciblent des banques ou des grandes chaînes pour marquer une insurrection. C’est ce qu’on appelle les autonomes. Mais ils ne sont pas en marge du mouvement social, ils sont intégrés aux cortèges. »
Venu soutenir samedi un camarade déféré devant le juge, un groupe d’élèves de terminale S du lycée Sophie-Germain, dans le 4e arrondissement de Paris, corrobore : « Le gouvernement parle de méchants casseurs en marge de la manifestation pour décrédibiliser notre mouvement. Nous sommes organisés, indépendamment des syndicats, et c’est ce qui fait peur au gouvernement. » Ces lycéens ont fait presque toutes les manifestations depuis le début du mouvement social : « Maintenant, tout le monde met des foulards et des masques. On se fait tous matraquer et gazer à la même enseigne. Et quand les policiers encerclent la manifestation et nous bloquent pendant deux heures, c’est énormément de pression et une colère qui monte de plus en plus. »

 Chez Julien Salingue : Il y a quelque chose de – vraiment – pourri dans le royaume de France.

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