Pense bête

17 novembre 2018

Chroniques de l'homphobie ordinaire

A propos de la PMA, le JDD rapporte les propos suivants de notre président :

Sur ces sujets plus intimes, ne comptez pas sur moi pour passer à la hussarde, il n’est pas question de brutaliser les consciences. 

Il s'agirait en effet de ne pas trop brutaliser les supporters homophobes de la Manif pour tous. Et donc notre président annonce vouloir prendre le temps, consulter... sachant que le Comité Consultatif National d'Ethique a été consulté en mars 2013 par François Hollande, qu'il devait rendre son avis à l’automne de la même année et qu'il l'a finalement rendu... 5 ans plus tard !!! Les lesbiennes et les femmes célibataires ont sans doute encore envie d'attendre un peu un nouvel avis consultatif.

La réplique ne s'est pas fait attendre sur Twitter (et sur Mediapart avec Jérôme Martin) sous le hashtag #CeQuiEstBrutal :

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29 octobre 2018

Ele não

C'est donc fait,le pays avec lequel nous avons la plus grande frontière (730 km) vient d'élire Jair Bolsonaro à sa tête. Raciste, homophobe, pro-torture, préférant le bulldozer pour l'Amazonie, oui mais élu avec la bénédiction des marchés et des élites financières et de l'agronégoce et que le Figaro arrive quand même à nous présenter comme antisystème.

Capture du 2018-11-04 21-38-03

Alors pour l'heure, pleurer. Et demain lutter. Pour nous qui sommes loin, relayer, soutenir, dénoncer, ne pas laisser l'oubli et l'habitude s'installer. Ele Não !

 

Quelques articles complémentaires :

https://reporterre.net/Bolsonaro-une-catastrophe-qui-depasse-le-Bresil

https://medium.com/@EricBattistelli/une-d%C3%A9mocratie-continent-s%C3%A9teint-dans-un-silence-assourdissant-e393c206b512

https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/25/maud-chirio-bolsonaro-va-mettre-en-place-un-regime-fascisant_5374529_3222.html?

Et du Twitter :

https://twitter.com/CorentinSellin/status/1056172908446392321

https://twitter.com/mathieugallard/status/1056121674565931013

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12 octobre 2018

Individualisme écologique

Depuis quand a-t-on renoncé au collectif, à faire société* ? La lutte contre le dérèglement climatique (et plus largement, contre le capitalisme) me semble réduite à ça : une somme de combats individuels, de gestes du quotidien tellement en-deçà de l'objectif à atteindre qu'elle ne peut qu'être vouée à l'échec.

Pendant qu'on cherche à consommer bio, à trier ses déchets et faire son compost, à utiliser son vélo plutôt que sa voiture, 100 entreprises sont responsables de plus de 70% des émissions mondiales de carbones. Total arrive au 19ème rang.

Alors la lutte contre le capitalisme se transforme en une compétition entre individus pour savoir celui qui aura le comportement le plus écologique tout en critiquant les actions supposées non écologiques de l'autre.

Et en même temps, qui suis-je pour critiquer ces formes de militantismes ? Bon... oui ce ne sont pas (complètement) les miennes, mais au vu des enjeux, tous les combats ne sont-ils pas bon à prendre ?

L'AFP présentait début octobre des graphiques indiquant les émissions de CO2 de nos activités individuelles :

EmpreinteCarboneAFP

Le tweet était sobrement intitulé "Quelques moyens pour réduire son empreinte carbone". On aurait aimé voir le même tweet avec des exemples plus "globaux" (stopper le forage en Guyane, planter x arbres, développer x km de pistes cyclables, habiter en logement collectif plutôt qu'en logement individuel...), histoire de comparer les "petits pas" individuels avec les gros pas qui comptent.

Et quitte à modifier les comportements individuels, commençons par faire modifier ceux des plus riches. C'est une des leçons d'une étude Ipsos sur plus de 2000 personnes : "Les foyers disposant des niveaux de revenus les plus élevés affichent en moyenne les bilans carbones les plus mauvais".

L’impact désormais important des voyages en avion sur le bilan carbone des foyers
Le bilan carbone global moyen des ménages mesuré par l’Observatoire se situe aujourd’hui à environ 7 388Kg Co2 par individu. Le poste transport constitue à lui seul plus de la moitié des émissions des foyers (54%, soit 3 972 Kg Co2 par individu), loin devant le logement (30%) et l’alimentation (16%). L’usage des véhicules personnels est à l’origine de la très grande majorité des émissions de C02 au sein du poste transports (79%). Les transports en commun ne comptent que pour 1% d’entre elles. La grande surprise réside dans l’importance des émissions liées à l’avion : elles pèsent aujourd’hui 19% des émissions totales du poste transport. Elles sont cependant très inégalement réparties au sein de la population.
Les 18-24 ans et les plus de 65 ans ont les bilans carbones les plus élevés
Le niveau d’émission des plus jeunes est de 8373 Kg Co2 chez les plus jeunes. Le niveau d’émission atteint son plus bas niveau sur la tranche d’âge 35-44 ans (6028 Kg Co2). Entre la tranche d’âge des 45-54 ans et celle des 55-65 ans, le niveau d’émission augmente en moyenne de 2171 Kg Co2. Auprès des 65 ans et plus, il augmente encore pour atteindre 9092 Kg Co2. L’usage du véhicule individuel chez les plus jeunes et la dimension des logements et des transports loisirs (avion) chez les plus âgés en sont les premières causes.
Une personne vivant seule émet trois fois plus de Co2 qu’une famille nombreuse
Les foyers d’une personne affichent aujourd’hui un bilan carbone très élevé de 10 685 Kg Co2 par individu (contre 7388 Kg Co2 pour l’ensemble de la population) alors qu’il est bien plus bas pour les foyers de 3 et 4 personnes (respectivement 5436 et 4612 Kg Co2 par individu), voire de 5 personnes et plus (3221 Kg Co2). Le fameux troisième enfant n’entraîne ainsi pas une hausse sensible des émissions des ménages.. A l’inverse, les personnes seules représentent 55 % des mauvais bilans carbone (11849 Kg Co2 et plus)
Le type d’agglomération où le bilan carbone est le moins fort : entre 100 000 et 200 000 habitants
Plus la taille de l’agglomération est faible, plus le niveau des émissions de Co2 tend à augmenter : L’impact des usages liés à l’automobile y est légèrement plus important (84% pour les individus habitant dans les agglomérations de moins de 20 000 habitants contre 82% pour celles de 20 000 à 99 999, 81% pour celles de 100 000 à 199 999 habitants et seulement 72% pour les plus grosses, celles de 200 000 habitants et plus). Le bilan carbone des foyers habitant dans les plus petites catégories d’agglomérations (moins de 20 000 habitants) est le plus élevé : 4352 Kg Co2 contre 3495 Kg Co2 pour celles comprises entre 100 000 et 199 999 habitants. Malgré un impact moindre des usages liés à l’automobile, les plus grosses catégories d’agglomérations affichent aujourd’hui un bilan carbone très légèrement supérieur à celui des agglomérations comprises entre 100 000 et 200 000 habitants, principalement dû l’usage accru de l’avion dans les plus grosses agglomérations.
Les foyers disposant des niveaux de revenus les plus élevés affichent en moyenne les bilans carbones les plus mauvais
La quantité de CO2 est clairement croissante avec le niveau de vie et plus spécifiquement avec la capacité à consommer des loisirs. Le bilan carbone par individu est notablement plus élevé au sein des foyers des cadres supérieurs (8580 Kg Co2 par individu contre 7388 Kg Co2 pour l’ensemble). Ils affichent notamment une nette différence dans le domaine des transports avec des niveaux d’émissions sensiblement plus élevés (5249 Kg Co2 par individu contre 3972 Kg Co2 pour l’ensemble). Les cadres supérieurs et les retraités alourdissent leur bilan carbone par l’usage fréquent de l’avion pour leurs loisirs : 59 % des cadres supérieurs et 40 % des retraités font au moins 1 voyage en avion au cours de l’année. L’avion pèse ainsi 38 % des émissions transport des cadres supérieurs et 31% de celui des 65 ans et plus.
Précarité énergétique : les retraités et les cadres supérieurs à l’abri, les ouvriers et les ménages modestes surexposés
Les ménages les plus modestes (moins de 1250 euros nets mensuels) ont les bilans carbones les plus faibles par rapport aux autres catégories de revenu. Les ouvriers, sont aussi les plus exposés à la hausse du prix de l’énergie : leur indice de précarité énergétique s’élève à 1089 KgCo2/K€ (ouvriers) contre 704 KgCo2/K€ pour les cadres supérieurs et 663 KgCo2/K€ pour les retraités. On peut lire ici une source d’inégalité carbone majeure : les populations ayant les bilans carbone les plus élevés sont aussi les moins sensibles à l’augmentation du coût de l’énergie.
La sensibilité environnementale individuelle a aujourd’hui encore un impact modéré sur le bilan carbone des foyers
Sur les 16 affirmations qui leur étaient proposées afin de mesurer leur sensibilité aux problématiques environnementales (portant sur l’état de la planète, le réchauffement climatique, l’impact environnemental des produits de consommation, le tri,..), 13 d’entre elles recueillent un assentiment majoritaire. Le lien entre sensibilité environnementale et niveau d’émissions de CO2 est avéré mais reste aujourd’hui encore très modéré. Il y a très peu de différences entre les niveaux d’émissions des personnes ayant une sensibilité « médiocre » et celles ayant une sensibilité « moyenne » (respectivement 7555 et 7479, soit seulement 76 KgCo2 de différences). Les personnes affichant un « bon » niveau de sensibilité environnementale ont certes un meilleur bilan carbone que celles ayant une sensibilité « moyenne » mais là encore, la différence est peu importante (7066 Kg Co2 par individu).
Les actions dans lesquelles les ménages sont les plus prêts à s’investir pour diminuer leur niveau d’émissions de Co2 : d’abord le poste logement
D’abord des gestes et des investissements au sein du poste logement (équipements et énergie). Ils citent en priorité ceux permettant de réduire l’impact environnemental des équipements comme par exemple éteindre les appareils plutôt que de les laisser en veille (39% pourraient s’engager à le faire systématiquement ou presque) ou encore acheter des produits en fonction de leur étiquette énergie (38%). Le potentiel des gestes permettant de diminuer la consommation d’énergie et d’eau est aussi relativement important. Ils sont plutôt bien connus des personnes interrogées. Ils citent en priorité le fait d’éteindre les lumières dès qu’ils quittent une pièce (39% pourraient s’engager à le faire systématiquement ou presque – 56% disent déjà le faire) et l’utilisation des ampoules basse consommation (34% - 46% disent déjà le faire) ou de réducteurs de débit pour l’eau ou encore la diminution de la taille de la chasse d’eau (30%).
Fiche technique :
L’enquête a été réalisée du 26 mai au 3 juin 2010 auprès d’un échantillon de 2036 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population des foyers français. La représentativité de l’enquête est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge et profession du chef de famille, taille du foyer, catégorie d’agglomération et région).

Des éléments de cette étude permettent en particulier de se rendre compte du peu de pouvoir de l'individu sur la lutte contre le dérèglement climatique. On note en effet que le bilan carbone moyen d'un individu est de 7 388Kg CO2. Ce chiffre peut varier de 7 555 kg CO2 pour un individu ayant une sensibilité "médiocre" aux problématiques environnementales à 7 066 kg CO2 pour un individu ayant une "bonne" sensibilité (et qu'on peut donc supposer avoir un comportement "écologiquement responsable" en consommant bio, en utilisant davantage les transports en communs...). Autrement dit le comportement écologiquement responsable d'un individu apporte un gain de 489 kg CO2, soit autant que 3 vols transatlantiques A-R (d'après le graphique de l'AFP).

Quelques chiffres pour avoir des ordres de grandeur d'émissions CO2 :

Capture du 2018-11-08 20-48-54

Capture du 2018-11-08 20-49-15

Alors c'est bien gentil de nous emmerder avec les gestes du quotidien, le "ça commence par moi" mais il ne faudrait pas en oublier que les mobilisation collectives et l'action politique, parfois, ça paie. On en a eu quelques exemples récemment : l'abandon du projet de Notre Dame des Landes ou celui de l'autoroute A45, le maintien de la ligne ferroviaire de l'étoile de Veynes (avec l'appui d'élus de gauche) ou de celles du Cévenol et de l'Aubrac.

Donc oui aux mobilisations collectives, oui à l'action politique. A nous de devenir le premier lobby, un lobby citoyen. Sans nous tromper de combat pour autant, sans tomber dans un écofascisme qui nous ferait choisir le mépris de celui qui achète en ligne par commodité à la lutte contre ces multinationales qui éloignent les lieux de production des lieux de consommation ou le mépris de celui qui mange du boeuf à la lutte contre ces pouvoirs publics qui signent des accords de commerce non climato-compatibles (à dérouler) :

Donc oui à la lutte sans merci contre cet ennemi qu'on oublie aussi trop vite : le capitalisme. Et avec toutes les armes à notre disposition.


* J'avais lu il y a quelques années dans le Monde Diplo un article que je n'ai jamais retrouvé et qui faisait le lien entre notre incapacité à partager des chants en groupe et notre incapacité à faire société.


Je profite de ce post pour signaler 2 émissions du Média qui m'ont agréablement surprises et fait réfléchir.

La première s'intitule Transition, piège à cons et donne la parole à Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences des technologies et de l'environnement et chercheur au CNRS. Il y aborde l'histoire des transitions énergétiques, pour montrer qu'il n'y en a jamais eu, et que le combat à mener n'en sera que plus difficile (et stimulant).

La seconde s'intitutle Villes en transition. Elle donne la parole à Dominique Gauzin-Müller (architecte-chercheure, membre de l'association Negawatt et professeur à l'école d'architecture de Strasbourg) et fait entre autres réfléchir à la place de la voiture (et donc de la chaussée) en ville, à l'avantage écologique de l'habitat collectif sur l'habitat individuel, à l'impact du végétal...

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07 octobre 2018

Compagnie Tamèrantong

Wahou comme ça transpire l'énergie, la joie communicative et le plaisir ! Je viens de découvrir le spectacle La Tsigane de Lord Stanley de la compagnie Tamèrantong à l'occasion de son passage au théâtre Gérard Philippe samedi dernier. Pour en avoir un avant-goût :

 

Et en plus il arrive à ces gosses de faire la fête avec la comapgnie Jolie Môme :

 

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12 août 2018

Je suis colère et chagrin

Et en ce moment je ne suis plus que ça.

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21 juillet 2018

Violence d'Etat

On n'avait depuis plusieurs années plus aucun doute sur la violence de l'Etat dans sa dimension policière.

On ne compte plus les répressions de mouvements sociaux, les tabassages de manifestants, les nombreux blessés voire les morts.

N'allons pas croire que ce sont des faits isolés. A force, il serait plus que temps de se rendre compte que tout cela fait système.

Claude Askolovitch sur Slate a rédigé un texte dont je recopie ici un extrait :

Mais cela fait des années que nos forces de police sont sollicitées par les pouvoirs –chiraquien, sarkozyste, hollandiste, macronien désormais– pour soutenir non pas l’État mais une politique, pas seulement la sécurité des personnes et des biens, mais l’ordre des pouvoirs et de leur volonté. Le distinguo est ambigu.
Il est suffisamment, dans les cortèges d’opposants, d’enragés qui veulent casser du flic, et le cassent parfois, pour que la police fasse corps avec le pouvoir en le confondant avec l’État et s’autorise, face aux ennemis, plus qu’un simple souci d’ordre. La police, parfois, en banlieue, dans un cortège, dans une manifestation, fait aussi cette guerre qui nous prend tous. Elle n’en est pas heureuse. Quelle est son alternative? Elle est envoyée faire cette guerre que veulent chacun leur tour les Raffarin, Villepin, Fillon, Sarkozy, Valls ou Macron, qui veulent que passent les réformes et que l’ennemi soit défait, au prix parfois d’un écologiste qui reste sur le carreau, quand des gendarmes défendent à la grenade un barrage d’irrigation du Tarn. La police fait sa guerre. On la couvre. Alexandre Benalla faisait la guerre. Il avait, près de la police, toute sa place.

 

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13 juillet 2018

Nanette

Je pense parfois souvent très souvent à mon non coming-out vis à vis de mes parents, d’autant plus en ce moment à cause de tous ces marmots, ou plutôt de tous ces parents qui m’entourent. Depuis le temps, j’ai eu des occasions de réfléchir à ce non coming-out, des occasions de trouver quelques éléments de réponses.

Hier soir j'ai regardé Nanette, le spectacle d'Hannah Gadsby. Hanna Gadsby est une humoriste australienne, tasmanienne pour être précise. Le visionnage de son spectacle a été une succession de chocs émotionnels. On rit souvent, on pleure parfois (je pleure parfois en tout cas), on n'est pas toujours d'accord (m'énerve cette dichotomie : laugh is good, anger is bad). On y parle de violence masculine, de comment on vit (ou de comment on vit mal) son homosexualité, de comment on élève ses enfants, de la fonction du rire et de l'humour... et de comment changer le monde pour le rendre meilleur (y a-t-il autre chose qui compte ?). On y parle même d'histoire de l'art, Picasso, Van Gogh...
Résultat : un spectacle comme on en voit rarement. Et qui vous marque (à vie ?). Ca fait plusieurs jours que je l'ai vu et je n'arrête pas d'y penser.

Il y a parfois des bouquins qui nous aident à mettre des mots sur une situation qu'on vit depuis des années sans parvenir à vraiment toucher du doigt ce qui s'y joue. Des livres qui énoncent des thèses à la lecture desquelles on se dit "mais oui putain, c'est exactement ce que je vis, ce que je ressens, merci de l'avoir écrit" et qui nous font voir plus clair, qui nous font avancer plus intelligents, plus sereins, plus en phase avec nous-mêmes.

Nanette est de ce calibre là.

Parmi tous ces chocs, celui ci : on m’a élevé comme un hétéro. On nous élève tous comme des hétéros. Combien de "Et tu as une amoureuse à l’école ?", de "Elles sont jolies les filles de ta classe ?", de "Tu l'as trouve gentille Karine ?". Parmi toutes les histoires qu'on m'a lues, pas une ne m'a présenté un couple homosexuel (quelques idées de livres par ici, et des livres anti-sexistes et féministes par ). J'ai un seul souvenir, très ancré, d’une mention de non hétérosexualité quand j’étais jeune. Elle venait de ma grand-mère. Difficile de dire quel âge j’avais, peut-être 12, 15 ans… Face à moi et à mes cousin(e)s, elle avait mentionné notre future petite amie ou… petit ami, en insistant bien sur le fait que l’un ou l’autre était possible et que ce n’était pas grave.

Alors vous avez Netflix ? Vous n'avez pas mais souhaitez vous abonner pour un mois gratuit sans engagement ? C'est possible en ce moment. Foncez ! Ca s'appelle Nanette, et c'est d'Hannah Gadsby !

Puis discutons-en, échangeons, c'est une expérience que je veux partager.

 

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02 juillet 2018

Pour des normes sociales alternatives sur l'humour

Convenons (?) d'abord qu'une blague qui surfe sur les clichés racistes (sexistes, homophobes...) est une blague raciste. La question qui se pose ensuite est : cela peut-il être drôle, pertinent, voire favorable à la lutte contre le racisme ? ou cela est-il simplement... raciste ?

Je crois que la limite entre l'humour réussi contre le racisme (ou le sexisme, l'homophobie...) et le racisme, est simple, au moins sur le papier : est-ce qu'on se moque des racisés ? ou est-ce qu'on se moque des racistes ? De ce que je connais d'OSS par exemple, la réponse semble évidente. C'est un film dont le personnage principale est raciste... et teubé. On passe tout un film à le montrer. Donc pas de problème j'imagine. On ridiculise et on se moque ici ouvertement des racistes.

Et pratiquement, comment on s'en sort pour juger ? Il y a sans doute plusieurs critères.
Est-ce que la personne dont je me moque trouve cela drôle (mais vraiment drôle, pas juste qu'elle se sent obligée de rire pour ne pas passer pour une ras-bas-joie ou une pisse-froid) ? J'ai en souvenir une tribune d'Océanerosemarie qui proposait de "rire avec" plutôt que de "rire de". J'ai eu la flemme de relire la tribune avant de la partager. Ca se trouve je la trouverais très naze à la relecture mais le concept m'avait semblé intéressant. Je pense qu'en effet on ne peut pas (plus ?) rire aux dépens de n'importe qui. D'autant plus si la blague vise systématiquement une cible opprimée et qu'elle vient d'une personne en situation d'oppresseur. Blesser des personnes, qui ont déjà suffisamment de difficultés au quotidien, sans qu'on les renvoie systématiquement à des clichés racistes, ça serait sans doute très bien si ça s'arrêtait. Les clichés racistes sont déjà partout (dans la pub, via les contrôles au faciès ou la discrimination à l'embauche), vraiment pas la peine d'en rajouter.
Dans cette autre tribune, on parlait "d'humour inclusif". Et ça m'amène à un autre critère : la blague raciste (mais avec humour et bienveillance) que je fais, en surfant sur les bons vieux clichés et en s'arrêtant juste à ces clichés, est-ce les remettre en question, ou au contraire est-ce les renforcer ? D'après la deuxième tribune, il semble que cela renforce plutôt les clichés, libère la parole raciste...

Au final, faire une blague en utilisant les clichés racistes, avec le risque que ça ne fasse pas rire la personne opprimée, que ça ne soit pas immédiatement perçu comme une dénonciation des racistes (ou comme de l'humour contre les racistes, comme chez OSS) et que ça renforce les clichés racistes, ça me paraît beaucoup trop contre productif... et donc au final pas drôle.
Peut-être qu'il est temps que la lutte contre les représentations sexistes, racistes, homophobes... passe par la création de normes sociales alternatives ? Et qu'on puisse dire : non, ça ce n'est pas drôle, juste raciste, cette remarque est déplacée, honteuse.


L'auteur de BD Marc Dubuisson a récemment fait un thread sur les humoristes et le "on ne peut plus rien dire". Je partage :

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19 juin 2018

Avec Marine au pouvoir...

... on n’aurait jamais pu accueillir un navire de migrants en détresse. On se serait contenté de détourner le regard et polémiquer sur le concert d’un rappeur et ses paroles de 2005. Ouf... on l'a échappé belle.

... on entendrait parler du fléau de l'islam à longueur de journée.

CourrierInternational_Islam

 ... on ne supporterait pas d'avoir une femme d'origine musulmane et voilée présidente d'un syndicat étudiant.

... on aurait eu carrément des milices d'extrême-droite qui feraient des descentes dans les universités (de Montpellier et d'ailleurs) pour tabasser des jeunes militants de gauche sous le regard amusé de la hiérarchie.

... on aurait eu une présidente qui refoule les migrants et tape sur les opposants avec une milice privée.

... on entendrait en permanence que les migrants sont quelque chose à laquelle on est "confronté", une vraie calamité avec laquelle on se doit être solidaire mais en aucun cas qu'ils sont une opportunité économique.

... on aurait eu le mauvais facho au pouvoir : il voit des migrants arriver, il les renvoie en mer. Le bon facho, il voit des migrants arriver, il les renvoie en mer, sauf que lui il t'a dit de voter pour lui avant pour empêcher le mauvais facho de faire la même chose.

... on aurait failli célébrer Philippe Pétain (qui n'est plus maréchal depuis sa condamnation à la dégradation nationale en 1945) dont la poignée de main à Hitler, le statut des Juifs et le Vél d'Hiv ne sont ques "choix funestes" et on aurait été la risée de nos anciens alliés :

Capture du 2018-11-08 10-33-20

... on écouterait les anciens combattants d'extrême-droite et on leur donnerait raison parce que oui les sans-papiers sont vraiment un cheval de Troie qui préfigure le grand remplacement :

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05 juin 2018

On oublie pas on pardonne pas

Il y a 5 ans jour pour jour, le fascisme tuait en plein Paris.

Un an après, 3 militants antifascistes se faisaient agresser à la Croix-Rousse alors qu'ils collaient des affiches en hommage à Clément Méric.

Cet automne, la vitrine de l'horloger de Saint-Paul a à nouveau été dégradée.

Cette semaine, la devanture de l'union locale de la CGT s'est fait tagguer par des fascistes.

Ce ne sont que quelques exemples de violences, d'agressions... des fascistes à Lyon. La Horde en a fait une recension plus détaillée pour 2017.


Claude Askolovitch a rencontré les parents de Clément Méric et les parents d'Antonin Bernanos. Il en a publié récemment un article dans Vanity Fair. On y découvre que ces deux familles se sont rapprochées, se sont découvertes et qu'elles luttent ensemble pour poursuivre le combat de leurs fils. Ci-dessous, deux extraits du texte fondateur de leur collectif :

Nous vivons dans une Europe qui se targue d'être un havre de paix, de liberté, de prospérité et de justice, construit sur le sang versé par les partisans lors des combats pour la libérer du fascisme. Pourtant nos enfants engagés dans diverses luttes sociales et politiques sont frappés, arrêtés, condamnés, et pour certains tués, par les autorités étatiques ou par des fascistes. Nous, leurs mères, affirmons que les politiques conduites par les États européens en sont, directement ou indirectement, responsables.
Face à l’impuissance de la protestation individuelle, nous unissons nos voix pour que l’on entende celles de nos enfants. Nos cœurs dévastés ne se laissent pas envahir par le silence des cimetières et l’humiliation des prisons. Pour nous, Mères, les lieux de détention, les quartiers populaires où sont discriminées les familles issues de l’immigration post-coloniale, les camps de migrants et les centres de rétention où sont humiliés ceux qui fuient la misère, la guerre ou les répressions politiques de leurs pays, seront toujours des espaces de mobilisation. Et les anniversaires de la mort de nos enfants viendront toujours nous rappeler l’exigence de la lutte.

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