Pense bête

12 août 2018

Je suis colère et chagrin

Et en ce moment je ne suis plus que ça.

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21 juillet 2018

Violence d'Etat

On n'avait depuis plusieurs années plus aucun doute sur la violence de l'Etat dans sa dimension policière.

On ne compte plus les répressions de mouvements sociaux, les tabassages de manifestants, les nombreux blessés voire les morts.

N'allons pas croire que ce sont des faits isolés. A force, il serait plus que temps de se rendre compte que tout cela fait système.

Claude Askolovitch sur Slate a rédigé un texte dont je recopie ici un extrait :

Mais cela fait des années que nos forces de police sont sollicitées par les pouvoirs –chiraquien, sarkozyste, hollandiste, macronien désormais– pour soutenir non pas l’État mais une politique, pas seulement la sécurité des personnes et des biens, mais l’ordre des pouvoirs et de leur volonté. Le distinguo est ambigu.
Il est suffisamment, dans les cortèges d’opposants, d’enragés qui veulent casser du flic, et le cassent parfois, pour que la police fasse corps avec le pouvoir en le confondant avec l’État et s’autorise, face aux ennemis, plus qu’un simple souci d’ordre. La police, parfois, en banlieue, dans un cortège, dans une manifestation, fait aussi cette guerre qui nous prend tous. Elle n’en est pas heureuse. Quelle est son alternative? Elle est envoyée faire cette guerre que veulent chacun leur tour les Raffarin, Villepin, Fillon, Sarkozy, Valls ou Macron, qui veulent que passent les réformes et que l’ennemi soit défait, au prix parfois d’un écologiste qui reste sur le carreau, quand des gendarmes défendent à la grenade un barrage d’irrigation du Tarn. La police fait sa guerre. On la couvre. Alexandre Benalla faisait la guerre. Il avait, près de la police, toute sa place.

 

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13 juillet 2018

Nanette

Je pense parfois souvent très souvent à mon non coming-out vis à vis de mes parents, d’autant plus en ce moment à cause de tous ces marmots, ou plutôt de tous ces parents qui m’entourent. Depuis le temps, j’ai eu des occasions de réfléchir à ce non coming-out, des occasions de trouver quelques éléments de réponses.

Hier soir j'ai regardé Nanette, le spectacle d'Hannah Gadsby. Hanna Gadsby est une humoriste australienne, tasmanienne pour être précise. Le visionnage de son spectacle a été une succession de chocs émotionnels. On rit souvent, on pleure parfois (je pleure parfois en tout cas), on n'est pas toujours d'accord (m'énerve cette dichotomie : laugh is good, anger is bad). On y parle de violence masculine, de comment on vit (ou de comment on vit mal) son homosexualité, de comment on élève ses enfants, de la fonction du rire et de l'humour... et de comment changer le monde pour le rendre meilleur (y a-t-il autre chose qui compte ?). On y parle même d'histoire de l'art, Picasso, Van Gogh...
Résultat : un spectacle comme on en voit rarement. Et qui vous marque (à vie ?). Ca fait plusieurs jours que je l'ai vu et je n'arrête pas d'y penser.

Il y a parfois des bouquins qui nous aident à mettre des mots sur une situation qu'on vit depuis des années sans parvenir à vraiment toucher du doigt ce qui s'y joue. Des livres qui énoncent des thèses à la lecture desquelles on se dit "mais oui putain, c'est exactement ce que je vis, ce que je ressens, merci de l'avoir écrit" et qui nous font voir plus clair, qui nous font avancer plus intelligents, plus sereins, plus en phase avec nous-mêmes.

Nanette est de ce calibre là.

Parmi tous ces chocs, celui ci : on m’a élevé comme un hétéro. On nous élève tous comme des hétéros. Combien de "Et tu as une amoureuse à l’école ?", de "Elles sont jolies les filles de ta classe ?", de "Tu l'as trouve gentille Karine ?". Parmi toutes les histoires qu'on m'a lues, pas une ne m'a présenté un couple homosexuel (quelques idées de livres par ici, et des livres anti-sexistes et féministes par ). J'ai un seul souvenir, très ancré, d’une mention de non hétérosexualité quand j’étais jeune. Elle venait de ma grand-mère. Difficile de dire quel âge j’avais, peut-être 12, 15 ans… Face à moi et à mes cousin(e)s, elle avait mentionné notre future petite amie ou… petit ami, en insistant bien sur le fait que l’un ou l’autre était possible et que ce n’était pas grave.

Alors vous avez Netflix ? Vous n'avez pas mais souhaitez vous abonner pour un mois gratuit sans engagement ? C'est possible en ce moment. Foncez ! Ca s'appelle Nanette, et c'est d'Hannah Gadsby !

Puis discutons-en, échangeons, c'est une expérience que je veux partager.

 

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19 juin 2018

Avec Marine au pouvoir...

... on n’aurait jamais pu accueillir un navire de migrants en détresse. On se serait contenté de détourner le regard et polémiquer sur le concert d’un rappeur et ses paroles de 2005. Ouf... on l'a échappé belle.

... on entendrait parler du fléau de l'islam à longueur de journée.

CourrierInternational_Islam

 ... on ne supporterait pas d'avoir une femme d'origine musulmane et voilée présidente d'un syndicat étudiant.

... on aurait eu carrément des milices d'extrême-droite qui feraient des descentes dans les universités (de Montpellier et d'ailleurs) pour tabasser des jeunes militants de gauche sous le regard amusé de la hiérarchie.

... on aurait eu une présidente qui refoule les migrants et tape sur les opposants avec une milice privée.

... on entendrait en permanence que les migrants sont quelque chose à laquelle on est "confronté", une vraie calamité avec laquelle on se doit être solidaire mais en aucun cas qu'ils sont une opportunité économique.

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05 juin 2018

On oublie pas on pardonne pas

Il y a 5 ans jour pour jour, le fascisme tuait en plein Paris.

Un an après, 3 militants antifascistes se faisaient agresser à la Croix-Rousse alors qu'ils collaient des affichent en hommage à Clément Méric.

Cet automne, la vitrine de l'horloger de Saint-Paul a à nouveau été dégradée.

Cette semaine, la devanture de l'union locale de la CGT s'est fait tagguer par des fascistes.

Ce ne sont que quelques exemples de violences, d'agressions... des fascistes à Lyon. La Horde en a fait une recension plus détaillée pour 2017.


Claude Askolovitch a rencontré les parents de Clément Méric et les parents d'Antonin Bernanos. Il en a publié récemment un article dans Vanity Fair. On y découvre que ces deux familles se sont rapprochées, se sont découvertes et qu'elles luttent ensemble pour poursuivre le combat de leurs fils. Ci-dessous, deux extraits du texte fondateur de leur collectif :

Nous vivons dans une Europe qui se targue d'être un havre de paix, de liberté, de prospérité et de justice, construit sur le sang versé par les partisans lors des combats pour la libérer du fascisme. Pourtant nos enfants engagés dans diverses luttes sociales et politiques sont frappés, arrêtés, condamnés, et pour certains tués, par les autorités étatiques ou par des fascistes. Nous, leurs mères, affirmons que les politiques conduites par les États européens en sont, directement ou indirectement, responsables.
Face à l’impuissance de la protestation individuelle, nous unissons nos voix pour que l’on entende celles de nos enfants. Nos cœurs dévastés ne se laissent pas envahir par le silence des cimetières et l’humiliation des prisons. Pour nous, Mères, les lieux de détention, les quartiers populaires où sont discriminées les familles issues de l’immigration post-coloniale, les camps de migrants et les centres de rétention où sont humiliés ceux qui fuient la misère, la guerre ou les répressions politiques de leurs pays, seront toujours des espaces de mobilisation. Et les anniversaires de la mort de nos enfants viendront toujours nous rappeler l’exigence de la lutte.

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28 février 2018

Quelques rappels sur la SNCF

C'est reparti, il est de nouveau de bon ton de taper sur la SNCF et les cheminots. Alors rappelons quelques faits.

Les bénéfices de la SNCF ont plus que doublé en 2017.

Capture du 2018-02-28 21-22-25

52 000 € par mois. C'est ce que touchait Florence Parly, notre actuelle ministre des Armées, lorsqu'elle était Directrice Générale Déléguée Stratégie et Finances (les détails par ici).

Capture du 2018-02-28 21-30-21

https://www.humanite.fr/sncf-les-cheminots-ces-grands-privilegies-vraiment-651338

Et pour finir, sur la supposée prise d'otage des usagers par les cheminots. Après celle, réelle, du Bataclan, ça devient vraiment vraiment indécent. Peut-être qu'à présent, après ce qui est arrivé à François de Closets, nos grands éditocrates penseront à bien se la fermer sur le sujet.


Reste quand même l'impression que tout ne tourne pas rond à la SNCF, que la qualité de service n'est peut-être pas au rendez-vous, et donc que des réformes seraient nécessaires. Des réformes oui, mais certainement pas celles proposées par Emmanuel Macron et le parti médiatique.

Et justement, des réformes alternatives il y en a :

Et si on les écoutait ?


Si vous êtes plus branchés BD, tout est expliqué superbement ici.

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Chroniques du racisme ordinaire

  • Laetitia Aviva

Laetitia Aviva est députée LREM de la 8ème circonscription de Paris. Elle est noire et aujourd'hui (28 février 2018) a reçu la lettre suivante.

Laetitia Avia

  • Timothée

Timothée a 23 ans. Il est français, père de famille... et noir. Ce 22 février, il n'a pas ses papiers d'identité sur lui mais il garde une photo de son passeport sur son téléphone portable. Rappelons au passage qu'en France, il n'est même pas obligatoire d'avoir une carte d'identité et que le code de procédure pénale prévoit que l'identité peut être justifiée "par tout moyen" (carte d'identité, carte vitale, témoignage...).

Contrôlé par la police, celle-ci le retient en garde à vue au poste puis le conduit au tribunal et au Centre de Rétention Administrative pour une procédure d'éloignement du territoire français.

FrançaisDétenu

  • Mennel

http://www.liberation.fr/amphtml/debats/2018/02/09/mennel-une-francaise-ordinaire_1628661?__twitter_impression=true

Comparons deux artistes. Le réalisateur Roman Polanski a été accusé 4 fois de viol sur mineure. Et pourtant on nous a toujours demandé de séparer ses actes de son talent artistique. Mais pour Mennel de TheVoice, aucune pitié, on l'exclut direct pour quelques tweets. Parce qu'elle est musulmane, voilée & arabe.

Profitons également de la saillie d'Isabelle Morini-Bosc qui estime que "Chanter en arabe, par les temps qui courent, ça ne s'imposait pas nécessairement" pour rappeler que la langue arabe est millènaire et que "les enfants ayant une bonne connaissance de leur langue maternelle sont capables de maîtriser une seconde langue plus vite que les autres". Des chercheurs ont même montré "que le fait de parler plusieurs langues contribue fortement au développement de l’empathie".

  •  Yvan Rioufol

Peut traquillement dire : "l'islam est une idéologie totalitaire"

https://twitter.com/davidperrotin/status/961941907977981952

  • La police française produit des faux...

C'est le Guardian qui nous l'apprenait le 12 avril 2018 : la police française falsifie des documents administratifs d'identité pour renvoyer des migrants hors de France. Racisme d'état vous avez dit ?

  • ... et elle abîme volontairement les chaussures des migrants
"French police officers are not upholding international standards.They taunt children and mistreat them .... Some children have had the soles of their shoes cut off before being sent back to Italy."

C'est dans un récent rapport publié par Oxfam qui fait le point sur la situation à la frontière franco-italienne. On savait déjà depuis peu que les policiers français volaient une (seule) chaussure aux migrants de Calais pour les emmerder. On découvre maintenant que le fétichisme de la chaussure chez nos forces de l'ordre est une pratique répandue.

"Les policiers français ne respectent pas les normes internationales. Ils se moquent des enfants, les maltraitent... Certains se sont fait couper la semelle de leurs chaussures avant d'être renvoyés en Italie"
  •  Attentat à Beaune

Des jeunes se font traiter de bougnoules, se font foncer dessus par un conducteur raciste puis blesser par un passager qui leur tire dessus au fuisil de chasse.

http://paigepalmer.neowp.fr/2017/12/14/il-faut-sauver-rokhaya-diallo/

https://www.buzzfeed.com/mariekirschen/sur-twitter-cet-homme-raconte-les-violences-policieres-dont?utm_term=.muE08x359#.wnz0ozey6

https://twitter.com/SDJduFigaro/status/958412180399026178

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11 janvier 2018

Laïcité

A notre devise nationale, certains voudraient rajouter "Laïcité". On ne compte plus les appels au respect de la laïcité et au respect de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat.

Mais que dit vraiment cette loi ?

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Chacun est donc libre de croire ou de ne pas croire. Et c'est à l'Etat (la République) de réunir les conditions pour que ce droit s'exerce.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les Eglises se démerdent pour leur financement, l'Etat ne s'en mêlera pas... bon... sauf en Alsace-Moselle, sauf pour les écoles privées.

Article 25

Les réunions pour la célébration d'un culte tenues dans les locaux appartenant à une association cultuelle ou mis à sa disposition sont publiques. Elles sont dispensées des formalités de l'article 8 de la loi du 30 juin 1881, mais restent placées sous la surveillance des autorités dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 27

Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures d'un culte, sont réglées en conformité de l'article L2212-2 du code général des collectivités territoriales

On le voit avec des deux articles, la laïcité n'est pas le maintien des croyances dans la sphère privée. En aucun cas dans la loi de 1905 il n'est question de restreindre l'exercice de la religion à la sphère privée, comme on l'entend très souvent.

Les réunions sont publiques (et non pas privées). Et l'article 27 autorise (on peut le regretter) les processions ou les prières de rue tant que les autorités responsables estiment que ça ne trouble pas l'ordre public. C'est comme ça qu'on voit des milliers de personnes pour les JMJ ou quelques cathos agressés violemment un black devant Sainte-Rita :

 

 

Article 28

Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

C'est la seule interdiction présente dans la loi de 1905.

 

La loi de 1905 est donc plutôt un pacte de non agression. Vous les croyants, ne vous avisez pas de nous dire comment on doit gouverner. Mais en échange, vous les politiques, n'allez pas nous expliquer comment on doit financer notre culte, comment on doit s'habiler pour croire, dans quelle langue on doit faire notre prêche (que ce soit en français, en arabe ou en latin), comment on doit former nos prêtres, imams, pasteurs ou autres...

 

Et concernant le voile, la burqua, le hijab... que peut-on porter où ?

Il y a 2 lois. La première (chronologiquement) est la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. L'article 1 indique :

Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en oeuvre d'une procédure disciplinaire est précédée d'un dialogue avec l'élève 

La seconde loi est la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, avec son article 1 rédigé ainsi :

Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.

 

Pour finir, une vidéo réalisée par l'observatoire limousin de la laïcité et qui remet bien les choses au clair :

 

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27 novembre 2017

Domination masculine

En ces temps de #MeToo et de #BalanceTonPorc, les discussions (entre amis, entre collègues...) portent parfois plus qu'avant sur les violences faites aux femmes. A ces occasions, on se rend compte que le chemin est encore long à parcourir pour que les mentalités et les comportements changent, tant le harcèlement, le sexisme et la misogynie sont ancrées (accord de proximité !).

Cette note de blog a vocation à (m')aider à accompagner la discussion, à convaincre, à donner des arguments.

Quelques chiffres pour commencer.

En janvier 2017, l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques) a publié les premiers résultats d'une enquête sur les violences sexuelles.

Les résultats de cette enquête estiment que sur les 12 derniers mois, 580 000 femmes ont vécu des violences sexuelles (hors harcèlement sexuel et exhibitionnisme), parmi lesquelles 52 500 sont des viols, 37 000 des tentatives de viols et 552 500 d'autres agressions sexuelles :

Capture du 2018-02-18 13-52-56

Rappelons au passage que le viol est un crime jugé en cour d’assises, et est défini comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise » (article 222-23 CP). Il peut s’agir d’une pénétration vaginale, anale, buccale (fellation), digitale (pénétration avec le doigt) ou d’une pénétration au moyen d’un objet commise sur autrui. Les agressions sexuelles autres que le viol constituent un délit et sont jugées devant le tribunal correctionnel. Elles sont définies comme « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise » (articles 222-22 et 222-27 CP). Les actes visés peuvent être des attouchements du sexe subis ou à faire, des caresses de nature sexuelle ou une pénétration à faire sur son agresseur.

Un autre aspect de l'enquête s'intéresse plus particulièrement aux viols. On y apprend entre auteurs que c'est au sein de l'espace privée que la majorité des viols en lieu. Presque les 2/3 des viols sur les femmes ont en effet lieu par la famille, un proche ou leur conjoint (1,41+0,74=2,15% pour une proportion totale de 3.26%) :

Capture du 2018-02-18 14-10-14

Le fantasme médiatique de la joggueuse violée par un inconnu à une réalité bien moins importante qu'il n'y parait.

Ce qui ne signifie pas que les femmes vivent correctement dans l'espace public. Des études montrent d'ailleurs que les femmes ne sont pas statiques en ville, elles ne flânent pas mais sont toujours en mouvement, allant d'un point A à un point B, en particulier parce qu’elles savent qu’elles ne seront pas tranquilles, pourront être importunées.

"Ainsi, un homme peut rester longuement installé sur un banc public alors qu’une femme ne le fera pas. Tout au plus fait-elle des « stop and go », le temps de se reposer un instant, de trouver quelque chose dans son sac."

L'occupation de l'espace public est donc également un réel enjeu, avec en particulier la question de l'aménagement urbain comme les terrains multisports intra-muros ou les espaces de musculation, qui visent en priorité les garçons et créent des espaces d’usages exclusifs.

Un article du Monde pour prolonger : La rue, le fief des mâles.

 

A l'occasion de ce grand chamboulement de rapport de forces qu'est #MeToo, j'avais découvert que la domination masculine s'excerçait massivement aussi dans la conversation. C'est une étude de Corinne Monnet de 1997 (les choses se sont-elles améliorées en 20 ans ?).

Parmi les idées reçues : les femmes parlent plus que les hommes. D'après l'étude en question, c'est faux et ce n'est qu'une impression.

Selon l’opinion communément admise, ce sont les femmes qui parleraient plus que les hommes. Le stéréotype de la femme bavarde est certainement, en ce qui concerne la différence des sexes et la conversation, l’un des plus forts et des plus répandus. Paradoxalement, c’est aussi celui qui n’a jamais pu être confirmé par une seule étude. Bien au contraire, de nombreuses recherches ont montré qu’en réalité, ce sont les hommes qui parlent le plus. Déjà en 1951, Strodtbeck a mis en évidence que dans des couples hétérosexuels mariés, les hommes parlaient plus que les femmes.
Mais comment expliquer un tel décalage entre le stéréotype et la réalité ? Comment se fait-il que, bien que tou-te-s nous nous soyons retrouvé-e-s dans des situations où il était clair que les hommes monopolisaient la parole, si peu d’entre nous en aient profité pour questionner le bien fondé de cette croyance ?
Dale Spender s’est penchée sur ce mythe de la femme bavarde afin d’en analyser le fonctionnement. Ce stéréotype est souvent interprété comme affirmant que les femmes sont jugées bavardes en comparaison des hommes qui le seraient moins. Mais il n’en va pas ainsi. Ce n’est pas en comparaison du temps de parole des hommes que les femmes sont jugées bavardes mais en comparaison des femmes silencieuses (Spender, 1980). La norme ici n’est pas le masculin mais le silence, puisque nous devrions toutes être des femmes silencieuses. Si la place des femmes dans une société patriarcale est d’abord dans le silence, il n’est pas étonnant qu’en conséquence, toute parole de femme soit toujours considérée de trop. On demande d’ailleurs avant tout aux femmes d’être vues plutôt qu’entendues, et elles sont en général plus observées que les hommes (Henley, 1975).

En réalité, le temps de parole effectif est nettement en faveur des hommes.

Une étude faite lors de réunions mixtes dans une faculté montre la différence énorme de temps de parole entre les femmes et les hommes (Eakins & Eakins, 1976). Alors que le temps moyen de discours d’une femme se situe entre 3 et 10 secondes, celui d’un homme se situe entre 10 et 17 secondes.

Et tout le monde contribue à cela dès le plus jeune âge. On conditionne les touts petits.

Les enfants n’ont pas un accès égal à la parole (Graddol & Swann, 1989). Dans les interactions de classe, les garçons parlent plus que les filles. Les enseignant-e-s donnent beaucoup plus d’attention aux garçons. Elles et ils réagissent plus vivement aux comportements perturbateurs des garçons, les renforçant de ce fait. Elles/ils les encouragent aussi beaucoup plus. Les échanges verbaux plus longs se passent majoritairement avec les garçons ainsi que les explications données. Et l’on sait combien il est difficile d’agir égalitairement, même en faisant des efforts. Une étude de Sadker & Sadker (Graddol & Swann, 1989) portant sur cent classes montre que les garçons parlent en moyenne trois fois plus que les filles. Qu’il est aussi huit fois plus probable que ce soient des garçons qui donnent des réponses sans demander la parole alors que les filles, pour le même comportement, sont souvent réprimandées.

Dans 96% des cas, ce sont les hommes qui interrompent les femmes.

Répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation : https://twitter.com/LudivineDeFe/status/890208119514685440

 

Et les hommes bienveillants dans tout ça ?

Les hommes et le féminisme : http://www.crepegeorgette.com/2017/08/09/insupportable-violence-feminisme/

Christine Delphy : http://lmsi.net/Nos-amis-et-nous

 


Quelques tweets made in #BalanceTonPorc :

Explication : https://twitter.com/MarylinMaeso/status/919535824445825024

En médecine : https://twitter.com/memoiretrauma/status/919559579062751232

Photo en jupe à Lille Flandres : https://twitter.com/journapenelope/status/951740233376321536

Main au cul en entrée de boite : https://twitter.com/cml_phl/status/919598697410912256

Thread des informations, statistiques, réponses à fournir lors de "débats" féministes : https://twitter.com/selibiemas/status/927504215794216960


MàJ du 21 juillet 2018

Dimanche dernire c'était la finale de la coupe du monde de fooball (masculin). La France a gagné, des gens sortaient partout fêter la victoire dans les rues. Ca n'a pas été la fête pour tout le monde. Une twitta a fait l'effort de compiler quelques témoignages de femmes harcelées, agressées, violées dans la soirée de dimanche. A dérouler...

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30 octobre 2017

Au devant de la vie

Souvenir de toi...

 

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