A notre devise nationale, certains voudraient rajouter "Laïcité". On ne compte plus les appels au respect de la laïcité et au respect de la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat.

Mais que dit vraiment cette loi ?

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Chacun est donc libre de croire ou de ne pas croire. Et c'est à l'Etat (la République) de réunir les conditions pour que ce droit s'exerce.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les Eglises se démerdent pour leur financement, l'Etat ne s'en mêlera pas... bon... sauf en Alsace-Moselle, sauf pour les écoles privées.

Article 25

Les réunions pour la célébration d'un culte tenues dans les locaux appartenant à une association cultuelle ou mis à sa disposition sont publiques. Elles sont dispensées des formalités de l'article 8 de la loi du 30 juin 1881, mais restent placées sous la surveillance des autorités dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 27

Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures d'un culte, sont réglées en conformité de l'article L2212-2 du code général des collectivités territoriales

On le voit avec des deux articles, la laïcité n'est pas le maintien des croyances dans la sphère privée. En aucun cas dans la loi de 1905 il n'est question de restreindre l'exercice de la religion à la sphère privée, comme on l'entend très souvent.

Les réunions sont publiques (et non pas privées). Et l'article 27 autorise (on peut le regretter) les processions ou les prières de rue tant que les autorités responsables estiment que ça ne trouble pas l'ordre public. C'est comme ça qu'on voit des milliers de personnes pour les JMJ ou quelques cathos agressés violemment un black devant Sainte-Rita :

 

 

Article 28

Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

C'est la seule interdiction présente dans la loi de 1905.

 

La loi de 1905 est donc plutôt un pacte de non agression. Vous les croyants, ne vous avisez pas de nous dire comment on doit gouverner. Mais en échange, vous les politiques, n'allez pas nous expliquer comment on doit financer notre culte, comment on doit s'habiler pour croire, dans quelle langue on doit faire notre prêche (que ce soit en français, en arabe ou en latin), comment on doit former nos prêtres, imams, pasteurs ou autres...

 

Et concernant le voile, la burqua, le hijab... que peut-on porter où ?

Il y a 2 lois. La première (chronologiquement) est la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. L'article 1 indique :

Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en oeuvre d'une procédure disciplinaire est précédée d'un dialogue avec l'élève 

La seconde loi est la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, avec son article 1 rédigé ainsi :

Nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.

 

Pour finir, une vidéo réalisée par l'observatoire limousin de la laïcité et qui remet bien les choses au clair :