Ce n'est pas Pachygrapsus marmoratus et il n'est pas encore certain que ce soit un cancer. L'avenir le dira...

Pour le moment je poursuis mon après-midi de services en services, sans vraiment réfléchir, discipliné. La prochaine étape c'est le scanner. La salle d'attente est bondée, une bonne dizaine de personnes y sont assis. Je ne fais que passer pour confirmer le rendez-vous. Ce sera demain à 11h, pas au scanner mais au service radiologie. En prime je repars avec une nouvelle ordonnance (la quatrième) pour du produit à injecter (de l'iode) en vue du scanner.

Direction le labo, j'ai toute une série d'analyses de sang à effectuer : créatinine (pour le scanner si j'ai bien compris), alpha-foetoprotéine, hCG totale et beta hCG et LDH (des marqueurs tumoraux) et également des tests sérologiques (hépatites B et C, syphilis et HIV). Je n'ai jamais été bien à l'aise avec les aiguilles. On m'a déjà piqué il y a une semaine et c'est reparti pour un tour, avec plusieurs prélèvements cette fois compte tenu du nombre d'analyses à effectuer. L'infirmière, pleine de bonne volonté, tente de me rassurer. Elle pique sans mal pendant que je détourne le regard, enlève l'aiguille et me met un pansement... mais elle a oublié un prélèvement. Il va falloir repiquer. Elle s'excuse, d'autant plus sincèrement qu'elle doit voir mon enthousiasme à li'dée de remettre ça. Heureusement ça se fait rapidement et je peux enfin quitter le labo et la clinique. Il est 17h15.

J'en profite pour tenter de contacter ma généraliste par SMS.

Capture du 2017-07-23 19-37-00

Je l'appellerai plus tard dans la journée sans succès.

Une dernière étape m'attend pour aujourd'hui : la pharmacie. Il me faut le savon, la crème dépilatoire et le produit pour le scanner. Ce serait trop simple si tout était disponible... mais il n'y a plus de produit, je dois repasser demain.

Retour à la maison. Je fêtais mes 33 ans il y a pile un mois.

Ma journée n'est pas terminée pour autant. Au contraire même peut-être, elle commence. Sans prendre vraiment le temps de me poser, de digérer tout ça (et c'est peut-être aussi bien, ne pas se poser, ne pas réfléchir à ce qui m'arrive, faire, agir, s'activer... ça m'évite de trop psychologiser et de déprimer), je commence par tenter d'appeler un collègue. Je suis censé mener une réunion de CE demain. Je n'y serai évidemment pas. Je l'appelle donc, lui explique, comme ça vient "cancer", "testicule", "échographie", "opération", "inattendu", "ablation". Pas tellement envie de m'éterniser dans cette conversation mais lui si, il a des questions, est inquiet pour moi... et je veut simplement y couper court. Ca traîne un peu et je finis par raccrocher.

Plusieurs collègues m'ont envoyé des SMS ou ont cherché à me joindre. Je fais une réponse laconique à l'un d'eux : "Galère de santé pas prévue. Possible que je passe au bureau demain". J'y ai effectivement laissé ma sacoche, je n'avais pas prévu (du tout) de rester l'après-midi à la clinique.

Il est presque 18h. Les parents sont censés arriver dans une demi-heure. Ils ont prévu de passer quelques jours à Lyon et se sont invités chez moi ce soir. Je leur avais déjà dit que je ne passerai pas la soirée avec eurx car j'avais quelque chose de prévu. Au vu des événements de l'après-midi, je compte bien m'y tenir. Je dois boire un verre avec un mec, sans doute en profiter pour faire du sexe, ça me fera le plus grand bien. Il faut que je me change les idées et c'est certain que ça n'arrivera pas avec les parents.

Je ne dirai donc rien aujourd'hui, ferai bonne figure et leur apprendrai la nouvelle demain. Est-ce que ça fait de moi un mauvais fils ? égoïste ? Peut-être oui.