Je sais pourquoi je n'aime pas les hôpitaux : on n'y apprend que de mauvaises nouvelles.

5ème étage, l'étage des anesthésistes. Je me présente, on m'attendait. Une assistante m'accueille et appelle un médecin. Elle appelle à voix haute, s'adressant à un bureau ouvert derrière moi. Une voix d'homme éraillée lui répond. Visiblement il n'a personne non plus en consultation, à croire que personne n'est vraiment occupé ici.

L'anésthésiste me reçoit, il est plus âgé que les médecins précédents. Il me questionne sur ma situation, mon âge, mon poids, ma taille, mes allergies. C'est lui ou l'un de ses collègues qui m'endormira. C'aurait pu être une péridurale mais ce sera une anesthésie générale. Je me laisse guider. Quel autre choix ai-je ?

Il me tend un document : c'est un formulaire de consentement que je dois signer. Il faudrait le lire avant, ne sans doute pas signer à la légère. Je commence ma lecture. Il m'en tend un autre exemplaire, je peux déjà signer, je pourrai ensuite lire chez moi. Ainsi fait.

C'est rapide ici aussi. Il termine en me tendant un devis. Je parcours ce nouveau document sans aucun tarif mentionné. Il m'annonce que ce sera la moitié du chirurgien. Et si le chirurgien ne pratique pas de dépassements d'honoraires, il n'y aura pas de dépassements d'honraire non plus. Je sors de son cabinet, je règle la consultation à son assistante (50 €) et je quitte le 5ème étage pour le 3ème.

Le bureau des pré-admissions ressemble à ce que j'imagine de Pôle Emploi. 3 bureaux d'acceuils séparés par des cloisons, un distributeur de tickets comme au rayon boucherie d'un supermarché, des chaises et des tables sur lesquelles sont déposés des formulaires à remplir. J'ai déjà le mien, fourni par l'assistante de l'urologue et que je me mets à renseigner : état civil, adresse, téléphone et surtout coordonnées d'une personne à contacter au cas où (au cas où quoi ? ce n'est pas mentionné).

Mon numéro de ticket est appelé, je m'assois en face d'une dame, j'y passe 5 minutes et je repars avec une pochette remplie de nouveaux documents (ça s'appelle le "dossier d'informations personnelles") et une nouvelle mission : contacter ma mutuelle pour préparer une prise en charge hospitalière. En quoi ça consiste exactement ? Je n'en sais rien, je ne demande pas, j'obéis et quitte le bureau des pré-admissions pour retrouver comme convenu l'assistante du chirurgien urologue.

Elle a profité de mon absence pour contacter le CECOS. Le CECOS ? Oui, le Centre d'Etude et de Conservation des Oeufs et du Sperme humains ! Il faudrait que j'y passe pour qu'ils y conservent mon sperme. Malheureusement le CECOS ferme à 15h30, elle n'a pas pu les joindre. Ce sera une de mes missions de demain. J'ai le droit à une ordonnance pour cela, avec des examens sanguins.

Un rendez-vous pour le scanner a pu être trouvé. Ce sera demain à 11h. Je gagne une nouvelle ordonnance pour cet examen et le droit d'y passer auparavant pour confirmer le rendez-vous. Une dernière ordonnance m'attend, encore pour des examens sanguins complémentaires (en particulier en vue du scanner de demain). En terme de documentation, elle me remet également un schéma du corps humain et me surligne la "zone à dépiler" avant l'opération.

L'assistante me fait un dernier récapitulatif de mes missions pour aujourd'hui et demain : passer au scanner immédiatement pour confirmer le rendez-vous, filer au labo pour réaliser immédiatement les prélèvements de sang. D'ici l'opération il faudra aussi que je passe à la pharmacie récupérer une crème dépilatoire et un savon pour me laver avant l'opéartion, que je contacte le CECOS, que je contacte ma mutuelle pour la prise en charge hospitalière et que je n'oublie pas le scanner demain. Je vais donc être bien occupé, pas certain qu'on me voit au boulot demain.

Avant de la quitter pour aujourd'hui, changement de stratégie pour mon séjour à la clinique : comme je vis seul, je resterai la nuit suivant l'opération pour surveillance.