C'est un sujet qui me touche et me préoccupe de plus en plus : le racisme, les discriminations subies par les personnes racisées... Et ça me travaille parce que j'ai l'impression que j'y suis encore plus sensible depuis mon coming out, comme une espèce de solidarité des opprimés (toute proportion gardée). Ca fait donc un moment que je me documente (par exemple avec ça), que je réfléchis à la question des réunions non-mixtes, à l'assignation et à la réduction à une seule identité (y compris pour moi : qu'est ce qui me définit ? gay ? militant du Parti de Gauche ? ingénieur ?... ?) et que je cherche à écrire quelque chose d'intéressant sur le sujet. C'est aussi, plus largement, se poser la question de ses propres identités. Et bam, je tombe (ô magie du Net) sur la conférence gesticulée de Pablo Seban intitulée Mes identités nationales. C'est à la fois génial, dérangeant. Ca pousse à la réflexion.

Dans l'extrait ci-dessous, il explique la mécanique raciste. C'est un concept développé par Pierre Tevanian dans un de ces livres (que je n'ai pas encore lu). L'extrait vidéo en question traite à la fois de : comment on en arrive collectivement à justifier des discriminations ? pourquoi il n'existe pas en France de racisme anti-blanc ? Je vous laisse regarder :

 

Pour résumer, comment fonctionne la mécanique raciste (ou sexiste, ou homophobe... ) ? En 4 étapes :

  • Essentialiser : on ne considère plus l'autre que comme le Noir, l'Arabe, la femme voilée, le gay..., on le réduit à une seule identité
  • Homogénéiser : on passe aux pluriels, considérant qu'ils sont tous pareils (les Noirs, les Juifs, les homosexuels, les jeunes...)
  • Altériser : on met une distance, l'égal devient l'autre et on en vient à revendiquer l'acceptation (la tolérance ?) de la différence plutôt que l'égalite
  • Péjorer : on considère cet autre pas capable, dangereux...