Sous titre : Vers une pollitique de l'amour révolutionnaire.

C'est un coup de poing dans la gueule, immédiatement accompagné d'une main tendue, d'un appel sincère à l'alliance. Un coup de poing car Houria Bouteldja entend dire sa vérité, et elle n'est pas toujours belle à entendre.

C'est d'abord aux Blancs qu'elle s'adresse (chapitre Vous, les Blancs), puisqu'il est ici question de races. Pas de races essentialistes, qui ramènerait chacun à sa couleur de peau et à tout ce qui en découlerait naturellement d'après toutes les théories racistes. Non, chez Houria Bouteldja, la race est classe sociale. Le Blanc y est donc celui qui dispose d'une position dominante (il est également beaucoup question de domination, et de captitalisme, dans ce livre). Et le Noir ou l'Arabe est celui d'en-dessous de la France d'en bas (pour reprendre une expression de Raffarin). A ce titre, Houria Bouteldja est double, et sonstatut contradictoire : de couleur vis-à-vis des Blancs des pays riches (la France en premier lieu), blanche vis-à-vis des pays du Sud (l'Afrique en particulier). C'est avec cette double position qu'Houria Bouteldja écrit.

Les chapitres s'égrainent (Vous, les Juifs, Nous, les Femmes indigènes puis Nous, les Indigènes). Le dernier chapitre est consacré à ce fameux amour révolutionnaire qu'elle appelle de ses voeux et il s'appelle Allahou akbar !
 
Merci à la Fabrique pour avoir éditer ce livre. Lecture chaudement recommandée.

Si vous voulez voir un long entretien (payant, mais je peux mettre le lien de téléchargement à disposition si besoin, ou alors vous vous abonnez et vous ne le regretterez pas), Houria Bouteldja est passée sur Hors-Série avec Judith Bernard. En voilà déjà une mise en bouche :

 


Je profite de cet article pour mettre un lien vers le blog Chroniques de Paige Palmer et en particulier vers cette note écrite suite à la mort d'Adama Traoré et qui offre un regard terrifiant sur les violences policières à l'encontre des racisés.


MàJ du 18 octobre 2016 : un intéressant contrepoint chez Mediapart, en particulier sur la question du féminisme, par Mélusine.