Ca fait 33 ans que les hommes qui ont des relations homosexuelles ne peuvent pas donner leur sang. L'année dernière, Marisol Touraine annonce la levée pour juillet 2016 de cette interdiction à condition... qu'ils aient été abstinents pendant un an (ou en langage juridique : "contre-indication de douze mois après le dernier rapport sexuel considéré" !

Ce qui en fait ricaner (jaune) certains :

Tandis que d'autres rebondissent sur les attentats du 13 novembre pour répondre à la fois à Marisol Touraine et à Robert Ménard et à ses twitts à la con. Je me permets de recopier la fin du post :

Et puis il y a eu le 13 novembre. Il faisait si doux. Il était encore si tôt dans le soir.
Le lendemain, les vivants ont répondu en masse à l’appel à donner leur sang. Dans les files d'attente devant les centres de transfusion sanguine, des gays et des bis sûrement, des gays et des bis qui peut-être même avaient fait l’amour avant de venir, pour se laver de la haine, par habitude, par égoïsme, pour oublier. Parce que quand un quartier pisse le sang, il y a un devoir de désobéissance. Parce qu’il n’y a pas d’individus polluants mais que des pratiques qui craignent : baiser sans capote, se piquer avec la seringue du voisin/de la voisine. Parce que même les enculés peuvent être des citoyens humanistes et responsables.
Devant toutes ces images, celles de ces files d’attente mais aussi celles de ces flaques de sang séchées à l’angle de ma rue, j’ai compris que les djihadistes de la veille étaient comme les Robert Ménard et les Marine le Pen et tous les maniaques de l’identité nationale : ils ont en horreur ces mondes où les sangs se mêlent comme les fleuves à l'embouchure des océans. Le sang de tous ces gens qui ce soir-là ne jouaient pas de la kalachnikov mais qui discutaient, buvaient, dînaient, écoutaient de la musique, dansaient, se retrouvaient, s’engueulaient à la Belle Equipe, au Petit Cambodge, au Carillon, au Bataclan. De tous ces gens mélangeant leurs fluides, pour certains fruits métisses d’amours sans frontières, tous ces gens qui se fichent pas mal de l’idéal d’un sang pur, l’idéal des nazis, le fantasme millénaire de toutes les pensées radicales et totalitaires. « Perdre la pureté de son sang suffit à détruire à jamais le bonheur intérieur et à terrasser l’homme. ». La citation est tirée de Mein Kampf, l’écrit de jeunesse de qui l’on sait.
Pour l’heure, tout ce beau monde a gagné : la France ferme ses frontières. Vous ne m'en voudrez pas alors si mes lèvres qui aiment tant manger, boire, embrasser, lécher, jacasser, sourire, gueuler ne se desserrent pas pour chanter La Marseillaise. Le sang impur, c’est toujours le sang de l’autre. Et la justification obscurantiste de toutes les atrocités qui ensanglantent l’humanité.