Cette histoire m'était jusqu'à peu inconnue. J'avais croisé le nom de Haymarket dans un roman de Lola Lafon (que je conseille, Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce), sans trop savoir ni comprendre les références. Et puis je l'ai revu dans le premier film d'une trilogie : Howard Zinn, une histoire populaire américaine. Ce film de Daniel Mermet entend raconter l'histoire du point de vue des lapins et non toujours des chasseurs.

 

Parce que s'il est une chose dont je me rends de plus en plus compte, c'est qu'effectivement l'histoire, quand on s'y penche, est toujours différente de celle qu'on veut bien nous raconter. J'en ai fait l'expérience en particulier grâce aux anciennes émissions d'Henri Guillemin. Dans les années 1970, Henri Guillemin a enregistré des émissions pour la télévision suisse. Il est seul, assis derrière une table mais avec un vrai talent de conteur, courez-y c'est passionnant (par ici par exemple pour Victor Hugo : https://www.youtube.com/watch?v=rbnLZaI5mHM ou par là pour la Commune : http://www.rts.ch/archives/dossiers/henri-guillemin/3477764-la-commune-de-paris.html).

Mais ce n'est pas le sujet du jour. L'histoire qui nous intéresse est celle d'un autre 1er mai et d'un autre 11 novembre (comme il existe un un autre 8 mai 1945) : le 1er mai 1986 et le 11 novembre 1887.

Nous sommes en 1986, un large mouvement social aux Etats-Unis milite et manifeste pour la journée de 8 heures. Le 1er mai, une rassemblement se tient à l'usine McCormick à Chicago. Après le dernier discours, la police charge les ouvriers entrainant la mort de l'un d'entre eux.

Le 4 mai, un rassemblement pacifique est annoncé pour protester contre les violences policières. A nouveau, en fin de manifestation, la police charge la foule. Une bombe éclate tuant un policier sur le coup. La police tire sur la foule.

Suite à ces événements, 8 hommes sont accusés d'avoir participer à cet attentat : August Spies, George Engel, Adolph Fischer, Louis Lingg, Michel Schwab, Oscar Neebe, Samuel Fielden et Albert Parsons.

Le procès dure 2 mois. Au terme du procès, le jury les déclare coupable et ils sont tous condamnés à mort (sauf Oscar Neebe) sans que le lien entre les militants et l'attentat ne soit clairement établi. Malgré le mouvement de protestation qui s'en suit, le 11 novembre 1987, August Spies, George Engel, Adolph Fischer et Albert Parsons sont tous les quatre pendus. Louis Lingg se suicidera en prison. Quant aux trois derniers, leur peine est commuée en prison à perpétuité, avant qu'ils ne soient finalement graciés en 1983. Les quatre pendus seront également réhabilités par la justice en 1893 (trop tard...).


Le film Howard Zinn fut également l'occasion pour moi de découvrir la chanson Bread and roses, slogan des manifestations des ouvriers du textile aux Etats-Unis en 1912.

 


MàJ du 11 juin 2017 : une autre version de Bread and roses dans un film (Pride) que je voulas voir depuis un petit moment et que je recommande :

 

As we come marching, marching, in the beauty of the day,
A million darkened kitchens, a thousand mill-lofts gray
Are touched with all the radiance that a sudden sun discloses,
For the people hear us singing, "Bread and Roses, Bread and Roses."


As we come marching, marching, we battle, too, for men--
For they are women's children and we mother them again.
Our lives shall not be sweated from birth until life closes--
Hearts starve as well as bodies: Give us Bread, but give us Roses!


As we come marching, marching, unnumbered women dead
Go crying through our singing their ancient song of Bread;
Small art and love and beauty their drudging spirits knew--
Yes, bread we fight for--but we fight for Roses, too.


As we come marching, marching, we bring the Greater Days--
The rising of the women means the rising of the race--
No more the drudge and idler--ten that toil where one reposes--
But sharing of life's glories: Bread and Roses, Bread and Roses!