C'est un documentaire de Christophe Dejours qui le montre, s'il en était besoin :

 
Souffrance au travail par Christophe Dejours par bressetv

On avait déjà eu le cas de Rémi, suicide par immolation sur le parking de son agence de Mérignac.

L’immolé ne fait pas la une, ni de mouvement de foule. Le thème de la souffrance au travail n’est déjà plus à la mode – on a déjà fait ça coco, et puis à France Télécom, c’est pas nouveau nouveau ; les journaux sont saturés de morts violentes, dont certaines doivent paraître aux journalistes plus sexy parce qu’elles sont plus romanesques et d’autres plus légitimes parce que plus nombreuses – combien de massacrés aujourd’hui en Syrie (dont la source première, dans la chronologie des faits et une conception large des rapports de cause à effet, est pourtant bien l’immolation inaugurale de Mohamed Bouazizi) ?
Et le geste de Rémi reste là, inouï, inaudible.

Cendres et suie

Sur le parking de Mérignac le vent a balayé les dernières cendres, et le bouquet sous cellophane doit commencer à se flétrir. Deux ou trois pluies de printemps viendront rincer la suie au mur de crépi, et bientôt on n’évitera plus de se garer devant cet emplacement si pratique, bien à l’ombre – c’est commode quand vient la canicule, et tellement plus agréable de pouvoir monter dans une voiture à peu près fraîche, après une dure journée de travail.

Quand sera fini notre printemps, si peu arabe, qui se souviendra de Rémi et de son holocauste minuscule?

Il y avait eu récemment la décision de la cour de cassation qui reconnaissait la faute inexusable de la société Renault comme étant à l'origine du suicide d'un de ses salariés.

Aujourd'hui la CGT nous apprend que le suicide de Nicolas, cadre supérieur au siège de la poste est finalement reconnu comme accident du travail.


MàJ du 2 octobre 2019 : il y a maintenant 10 jours, c'est une directrice d'école, Christine Renon, qui s'est suicidée sur son lieu de travail à Pantin.