Et de deux ! Même service, convocation différente. Guillaume avait reçu une convocation l'autorisant à ne plus se présenter au bureau, puis avait été fermement incité à ne plus mettre les pieds au bureau.

Stéphane a reçu sa convocation en main propre mardi midi. "Compte tenu de la gravité des faits" qui lui sont reprochés, il est sous le coup d'une mise à pied conservatoire de 5 jours. Après lui avoir remis et fait signé la convocation "en main propre contre décharge", le DG lui a donné 5 minutes pour rassembler ses affaires et quitter les lieux.

Stéphane est jeune et discret, très discret. En temps normal, impossible de lui arracher un mot autre que 'bonjour'. Son travail est apprécié (il a été très bien noté à son dernier entretien annuel et vient de recevoir une de ses meilleures augmentations). Nous lui devons toutes les innovations sur le dernier produit sorti par la R&D.

Immédiatement après avoir appris sa mise à pied, j'appelle Guillaume. Je les sais proches et en contact. Je lui apprends la nouvelle et lui demande de transmettre mes coordonnées personnelles (je n'utilise pas mon téléphone et mon adresse mail professionnels pour cette situation) à Stéphane. Je ne veux pas le contacter moi. J'aimerais qu'il fasse la démarche de me joindre s'il estime que je peux lui être utile.

18h30 : mon téléphone sonne, c'est Stéphane. Il me raconte sa convocation, son étonnement. J'essaie de prendre le temps de lui expliquer : qu'est ce que ça signifie cette convocation, quelle va être la suite de la procédure, à quoi est-ce qu'il peut et doit s'attendre, ce qu'il peut faire d'ici là, quel peut être mon rôle avant, pendant et après l'entretien. Et j'essaie de comprendre avec lui, ce qui peut expliquer une telle décision de la direction. Il n'en sait rien. Elle est là c'est terrible psychologiquement : il est convoqué, pour un motif que la direction juge suffisamment grave pour justifier une mise à pied, mais tant que l'entretien n'a pas eu lieu, ni lui ni moi ne pouvons savoir exactement les raisons de la direction. La seule issue possible est d'attendre, une semaine complète, d'attendre sans se torturer l'esprit, sans tirer de plan sur la comète, pour savoir à quelle sauce il va être manger.

Pour parfaire la situation, l'avocat vient de perdre sa mère. Il n'est donc pas disponible pour nous entendre et nous conseiller.

L'entretien est mardi. Je serai en congés.