Quel critère prendre en compte pour juger de la bonne santé économique de la France ? Les médias semblent scruter en permanence, à chaque prise de parole de Nicolas Sarkozy, à chaque décision gouvernementale, à chaque réunion du G20 la réaction du CAC40 et de lémarchés, érigés à présent en être capable au choix : de trembler, de bousculer l'Europe, d'acculer les dirigeants européens, de manifester leur défiance, de douter, d'imaginer le pire, d'attendre, d'être euphoriques, déçus, fébriles, de s'affoler ou encore d'avoir peur. Point de structures ou d'acteurs ici, mais systématiquement une entité fait homme, floue et indéterminée.

Paraîtrait qu'un autre critère serait plus juste : le spread franco-allemand. Mais kècecè ?

Le spread ? C'est très facile. C'est : l'écart de rémunération des obligations d'Etat à dix ans, entre la France et l'Allemagne, soit le thermomètre comparatif de notre sérieux et de celui de nos voisins allemands.

Pour se rendre compte de l'évolution de ce spread, un graphique réalisé par lemonde.fr :

   
 
S.
Annonce du second plan de rigueur par François Fillon
2011-11-7
R.
G20 à Cannes
2011-11-3
Q.
Réunion d'urgence sur la Grèce et la zone euro
2011-11-2
P.
Annonce d'un référendum grec
2011-11-1
O.
Accord de la zone euro avec notamment la restructuration de la dette grecque
2011-10-26
N.
Fin des négociations entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy
2011-10-24
M.
Annonce de la mise sous surveillance du Aaa de la France par Moody's
2011-10-18
L.
Échec des négociations entre Sarkozy et Merkel
2011-10-9
K.
Vote de l'aide à la Grèce par le Bundestag
2011-9-29
J.
Dégradation de la note de deux banques françaises par Moody's
2011-9-14
I.
Abandon de l'idée d'un communiqué franco-allemand de soutien aux banques
2011-9-13
H.
Annonce du premier plan de rigueur par François Fillon
2011-8-24
G.
Rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sur la réforme de la gouvernance de la zone euro
2011-8-16
F.
Réunion à l'Élysée entre Nicolas Sarkozy, François Fillon et le ministère des finances sur la crise
2011-8-9
E.
Abaissement de la note des États-Unis par Standards & Poor
2011-8-5
D.
Adoption par la France du fonds européen de stabilité financière
2011-8-1
C.
Un sommet des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro propose un plan d'aide sur la Grèce
2011-7-21
B.
Aux États-Unis, Républicains et Démocrates ne parviennent pas à s'entendre sur un plan pour éviter le défaut de paiement.
2011-7-5
A.
L'UE refuse de débloquer l'aide à la Grèce tant que celle-ci n'a pas voté un nouveau programme d'austérité
2011-6-20
   
 

Données : Bloomberg

Cela permet donc de comparer les différences de traitement par les investisseurs entre la France et l'Allemagne sont déjà traitées différemment par les investisseurs. Plus le taux demandé est cher, moins les investisseurs font confiance au pays à qui ils prêtent de l'argent.  Avant la crise de 2008, l'écart entre les deux rendements était en moyenne de 10 "points de base", c'est-à-dire de 0,1 pourcent d'écart (quand le taux d'intérêt demandé à la France était par exemple de 2% celui demandé à l'Allemagne était de 1,9%). En mai 2011, le spread était de 0,3. La semaine dernière, il était de presque 1,7. Un record depuis la création de l'euro (et même depuis 1997), traduisant l'écart de plus en plus grand de la perception entre l'Allemagne, bon élève économique, et la France, peu crédible dans la réduction des déficits…

C'est quoi les marchés financiers, sur le blog Comprendre l'actualité économique.

Le "spread" franco-allemand s'envole encore malgré les plans de rigueur, sur lemonde.fr.