Le G20, tout comme le G8, est une vraie bizarrerie internationale. Une espèce d'oligarchie où quelques uns se sont auto-proclamés maître du destin des nations parce que plus riches et plus puissants. Chaque réunion est l'occasion pour Notre Président de montrer qu'il en a et qu'il préside aux grandes destinées du monde. Avec quelles applications pratiques ?

"On ne pourra pas dire que le G20-G8 n’a pas d’idées : il en a au moins deux. Une idée théorique (variable) et une idée pratique (fixe). Une idée théorique affichée pour mieux dissimuler l’idée pratique inavouée. À vrai dire, l’idée pratique n’est pas neuve, elle est maintenant d’un robuste classicisme et comme une marque de fabrique en train de se patiner : tout faire pour ne rien avoir à faire – contre la déréglementation financière – et envoyer des leurres en tous sens. C’est simplement l’idée théorique – le leurre – dont elle se sert comme d’un paravent qui est régulièrement renouvelée, sans doute pour éviter la lassitude du public et mieux donner l’air de la grande activité. Quelques effets d’apprentissage suffisent pour se faire à l’idée que les « sujets » poussés sur le devant de la scène du G20-G8 sont claironnés en exacte proportion de ce qu'ils sont inoffensifs."
Frédéric Lordon, G20-G8, ou la passion des faux problèmes

Sont décidés : la nécessité d'une relance coordonnée et concertée, le refus du protectionnisme, une meilleure régulation des marchés financiers et une nouvelle gouvernance mondiale.

Les bonus et les paradis fiscaux sont désignés responsables de tous les maux.

"Le Sommet de Londres débouche sur des avancées majeures dans le domaine de la régulation financière, en particulier en matière d'encadrement des fonds spéculatifs ("hedge funds") et des agences de notation, qui échappaient jusque là à tout contrôle. Des mesures sans précédent sont prises pour lutter contre les paradis fiscaux : les pays du G20 se mettent d'accord pour publier une liste des places financières qui doivent désormais se conformer aux exigences de transparence de la communauté financière internationale et pour sanctionner ceux qui refuseraient de le faire. Les membres du G20 tombent également d'accord pour déterminer ensemble des règles sur les politiques de rémunération des institutions financières, afin qu'elles n'incitent plus à une prise de risque excessive ou à privilégier le court terme. Enfin, le G20 de Londres décide le triplement des ressources du FMI (qui passent de 250 à 750 milliards de dollars), pour aider les pays les plus fragiles à faire face à la crise."

On décide cette fois d'encadrer les bonus. Le Parlement européen proposera donc qu'un "équilibre approprié [soit] établi entre les composantes fixe et variable de la rémunération totale". Aussitôt transformé dans le droit français par : "les entreprises assujetties définissent un rapport approprié entre les composantes fixe et variable de la rémunération totale". Où on voit que la notion d'équilibre a tout simplement disparu et que les mots sont importants.

« Nous n'autoriserons pas un retour aux pratiques bancaires antérieures » par l'intermédiaire de règles comptables et prudentielles plus exigeantes pour les institutions financières.

  • G20 de Cannes

 C'est reparti le week-end prochain et c'est à Cannes.