Parmi les chiffres les plus sujets à caution figurent ceux du chômage. Qui sait véritablement ce qu'ils représentent (en France) ? Sur quelle base sont-ils calculés ? Est-il pertinent de comparer les chiffres français avec ceux d'autres pays ? Faut-il mieux prendre en compte le taux de chômage ou bien le nombre de chômeurs ?

Commençons par chercher à savoir ce qui se cachent derrière ces chiffres.

La définition du chômeur à la base des calculs de l'INSEE est celle adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (aucune réévaluation depuis !?).

Un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :
- être sans emploi, c'est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, durant une semaine de référence
- être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours
- avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

Plusieurs remarques sur la définition en elle-même :

  • les 3 conditions sont nécessaires pour avoir le statut de chômeur
  • avoir travaillé une heure dans la semaine exclu la personne des chiffres du chômage (on peut par exemple penser à une personne qui effectuerait 3 heures de soutien scolaire : allez hop radié, tu travailles !)
  • la personne en question doit avoir cherché un emploi activement : qu'est ce qu'on entend par là ? rien ne le dit
  • il n'est pas nécessaire d'être inscrit à l'ANPE pour faire partie des chiffres

Pour pouvoir calculer le taux de chômage, il est nécessaire d'avoir également le chiffre de la population active.

La population active occupée au sens du BIT comprend :
- les personnes (âgées de 15 ans ou plus) ayant travaillé (ne serait-ce qu'une heure) au cours d'une semaine de référence, qu'elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l'entreprise ou l'exploitation familiale
- les personnes pourvues d'un emploi mais qui en sont temporairement absentes pour un motif tel qu'une maladie (moins d'un an), des congés payés, un congé de maternité, un conflit du travail, une formation, une intempérie,...
- les militaires du contingent, les apprentis et les stagiaires rémunérés effectuant un travail font partie de la population active occupée.

Ce sont ces 2 valeurs qui nous donnent le taux de chômage.


Une fois que cela a été éclairci, je me demande toujours la pertinence de ces chiffres. On nous offre à voir régulièrement l'évolution des taux de chômage mois par mois. Le gouvernement se félicite aujourd'hui d'un taux de 7,2% pour le 1er trimestre 2008, "la baisse la plus significative depuis 25 ans". Oui mais significative de quoi ? Ce seul chiffre peut-il avoir valeur d'argument ? On pourrait l'expliquer par le nombre élevé de départs à la retraite (c'est un hypothèse, je ne connais pas ces chiffres) ou alors par le nombre de plus en plus grands de contrats précaires (idem). Mais qui pour nous faire une véritable analyse, pour confronter ces chiffres ? Je n'ai encore jamais rien vu de tel.